Des mesures « ciblées et temporaires » plutôt que « pérennes et pour tout le monde » : le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a invité lundi le gouvernement à la modération dans les dispositifs de soutien au pouvoir d'achat.

« Le quoi qu'il en coûte, c'est fini et ce doit être fini », a-t-il insisté à l'occasion des 26es Rencontres des Acteurs publics à Paris.

« Je ne crois pas qu'il faille de « quoi qu'il en coûte inflation ». Qu'on prenne des mesures ciblées et temporaires, je dis oui. Des mesures pérennes et pour tout le monde, ça me paraîtrait imprudent », a développé Pierre Moscovici.

L'ancien ministre de l'Economie (2012-2014) et ex-commissaire européen s'est exprimé à quelques jours de la présentation en Conseil des ministres de deux textes de soutien au pouvoir d'achat.

Le projet de loi pouvoir d'achat examiné par l'Assemblée à partir du 18 juillet

Les nombreuses mesures annoncées en faveur des fonctionnaires, des retraités ou des indépendants vont coûter aux alentours de 25 milliards d'euros, et s'ajouter aux 25 milliards d'euros déjà dépensés par le gouvernement depuis l'automne 2021 pour soutenir le pouvoir d'achat face à la forte inflation (5,8% sur un an en juin selon l'Insee).

Maîtriser la dépense publique

Malgré la hausse des prix, « il n'y a jamais totalement de contrainte », a estimé Pierre Moscovici, et « il va falloir agir beaucoup plus pour la maîtrise de la dépense publique », alors que la dette publique atteignait 112,9% du PIB à la fin 2021.

« Nous ne pouvons pas différer plus longtemps les ajustements nécessaires », a-t-il ajouté, s'inquiétant de la remontée des taux d'intérêt qui renchérit le coût de la dette publique.

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« La charge de la dette, c'est la dépense la plus bête qui soit. Ce sont des euros en moins pour investir dans la santé, l'éducation, la transition écologique, numérique, la sécurité », a énuméré le premier président de la Cour des comptes.

Le remboursement de cette charge devrait augmenter de 17 milliards d'euros en 2022 en raison de la remontée des taux, selon le chiffrage donné par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.