Le président de la Banque fédérale d'Allemagne Joachim Nagel a plaidé mardi à Eltville, près de Francfort, pour une action rapide de la Banque centrale européenne contre l'inflation élevée avec une première hausse des taux en juillet.

En zone euro, l'inflation a atteint le taux record de 7,5% sur un an en avril, selon Eurostat, bien au-dessus de l'objectif de 2% visé par la BCE à moyen terme. De quoi inquiéter le président de la Bundesbank : « Alors que l'inflation dans la zone euro continue d'être élevée, nous devons agir », a-t-il martelé dans un discours prononcé lors d'un colloque de l'institution, connue pour prôner une politique monétaire plus restrictive.

Vers une normalisation ?

Concrètement, le banquier central allemand s'attend à ce que « les achats nets (de dette) soient interrompus fin juin », avant « une première étape de normalisation des taux d'intérêt de la BCE en juillet » si les données et prévisions publiées en juin se confirment.

« Retarder un retournement de politique monétaire est une stratégie risquée », prévient-il, car « plus les pressions inflationnistes se propagent, plus la nécessité d'une hausse très forte et brutale des taux d'intérêt est grande. » Ces pressions sur les prix, en particulier ceux de l'énergie, ont été accentuées avec « l'invasion russe de l'Ukraine », a-t-il remarqué.

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Une hausse des taux devrait surtout concerner le taux négatif de -0,50% appliqué aux dépôts des banques dormant à la banque centrale, qui fait référence. Il s'agira d'une étape majeure dans le processus en cours de normalisation de la politique monétaire accommodante menée en réponse aux crises, en particulier celle liée au Covid-19 à compter de 2020.

Cet appel à décider d'une première hausse des taux en juillet, qui serait la première depuis 2011, fait écho aux déclarations dans le même sens fin avril d'Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, comme du gouverneur de la Banque centrale de Finlande Olli Rehn lundi dans la presse allemande.

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