Les recettes de l'Etat en 2021 ont été de près 20 milliards d'euros supérieures à ce qu'anticipait le gouvernement au mois d'octobre, a annoncé mercredi le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, qui estime aussi la facture globale de la crise du Covid-19 à 140 milliards d'euros jusqu'à présent.

« La croissance reste meilleure que ce que nous avions anticipé et les recettes de l'Etat dépassent de près de 20 milliards les prévisions de la loi de finances rectificative du mois d'octobre », a déclaré le ministre au quotidien Les Echos.

Dans le détail, les ménages ont versé aux caisses de l'Etat 1,6 milliard de plus qu'escompté en impôts sur le revenu et prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital (« flat tax »), tandis que la TVA a rapporté 3,6 milliards de plus que prévu. Mais c'est surtout l'impôt sur le bénéfice des sociétés qui a représenté le gain le plus important, avec 10 milliards d'euros de rentrées d'argent non anticipées.

Les recettes supplémentaires devraient permettre de contenir le niveau de la dette publique pour 2021 - que l'Insee calculera fin mars - dans une fourchette comprise entre 113% et 115% du produit intérieur brut (PIB), contre 115,3% prévus, a précisé Olivier Dussopt, rappelant que le déficit public serait finalement « proche de 7% », contre 8,2% anticipés en octobre.

Omicron : de 150 millions à 250 millions par mois

Pour 2022, le ministre a indiqué que les aides « annoncées au début du mois pour soutenir la vague Omicron représentent un coût de 150 millions à 250 millions par mois dans la situation sanitaire actuelle », bien moins que « ce qui a été engagé au pire de la crise ».

Et si l'Etat avait envisagé d'allouer 2 milliards de crédits non consommés l'an dernier en soutien aux entreprises cette année, « il s'avère que ces crédits non consommés sont encore plus importants que prévu », à savoir 3,8 milliards, « ce qui devrait largement suffire », a estimé Olivier Dussopt.

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Sur le plan sanitaire en revanche, la provision de 5 milliards d'euros faite pour l'année 2022 « pour la vaccination et les tests cette année sera dépassée », a prévenu le ministre. Il a jugé néanmoins que l'enveloppe Covid de 16 milliards « représente sans doute un plafond de dépenses pour 2022 ».

140 milliards d'euros sur les 3 années de Covid

Au global, « sur les trois années frappées par la crise sanitaire (2020, 2021 et le début 2022), la facture » de la crise du Covid-19 pour l'Etat, en terme d'aides d'urgence aux entreprises, comme le fonds de solidarité ou l'activité partielle, « ou celles mises sur la table pour les tests ou les vaccins », s'établit à 140 milliards d'euros, a encore expliqué Olivier Dussopt.

« Dans le détail, nous avons 70 milliards de dépenses en 2020, un peu plus de 60 milliards en 2021 et une petite dizaine de milliards pour 2022 », a-t-il détaillé aux Echos, précisant que ce chiffre ne prenait pas en compte le plan de relance ou le plan d'investissement.