Le taux de pauvreté et les inégalités de niveau de vie sont restés stables en 2020, année de l'irruption de la crise du Covid, selon une première estimation publiée mercredi par l'Insee, qui met en avant les effets des mesures gouvernementales de soutien à l'économie et aux ménages modestes.

L'an dernier, le taux de pauvreté monétaire « serait » resté stable, avec 14,6% de la population percevant moins que le revenu médian, soit le même taux qu'en 2019, a indiqué l'institut public d'études statistiques. Quant aux inégalités de revenu - mesurées par le ratio entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% des plus aisées et celle détenue par les 20% les plus modestes -, elles « resteraient inchangées » également.

Il s'agit là d'estimations préliminaires, réalisées par « micro-simulations », et non pas du véritable taux de pauvreté pour 2020, qui ne sera calculé que courant 2022, à partir des données fiscales et sociales concernant la très grande majorité de la population. Cependant la méthode employée pour élaborer cette première estimation a prouvé sa fiabilité depuis plusieurs années, souligne l'Insee.

La politique du « quoi qu'il en coûte »

La stabilité du taux de pauvreté s'explique en partie par la politique gouvernementale du « quoi qu'il en coûte », estime l'institut. Sans la prise en charge du chômage partiel et les aides exceptionnelles versées aux plus modestes, le taux aurait sans doute augmenté de 0,6 point. Voire plus, puisque cette estimation ne tient pas compte des éventuelles défaillances d'entreprises qu'aurait entraînées une absence de soutien gouvernemental.

Cette stabilité « peut étonner », eu égard aux prévisions alarmistes des associations de lutte contre la pauvreté, a observé le directeur général de l'institut, Jean-Luc Tavernier. Dès l'automne 2020, certaines ONG anticipaient un million de pauvres supplémentaires à cause du Covid.

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Au final, « la pauvreté s'est sans doute intensifiée mais n'a pas explosé », résume Jean-Luc Tavernier. Autrement dit, le nombre de pauvres n'a pas augmenté, mais cela n'empêche pas que « certaines situations de pauvreté se sont aggravées à la faveur de la crise », selon ce responsable, pour qui « un seul indicateur ne peut pas rendre compte d'une réalité sociale ou économique comme la pauvreté », laquelle « n'est pas que monétaire ».