Le gouvernement doit arbitrer « le plus tôt possible » sur la réforme de l'assurance récolte, rendue « urgente » par la multiplication des aléas imputés au changement climatique, a prévenu jeudi la FNSEA.

La première organisation agricole attend du ministre de l'Agriculture Julien Denormandie qu'il soit « le ministre de la décision, de la concrétisation » alors que cette refonte a régulièrement été promise par ses prédécesseurs, a déclaré sa présidente, Christiane Lambert, lors d'une conférence de rentrée. Il y a « urgence à agir », a-t-elle insisté. Fin juillet, le ministère de l'Agriculture avait indiqué que la réforme serait présentée « à la rentrée », le cabinet du ministre précisant que les annonces interviendraient courant septembre ou octobre.

Devant la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes (sécheresse, gel, inondations...), le monde agricole réfléchit depuis plusieurs années à revoir l'architecture du régime d'indemnisation des pertes de récolte. Il repose actuellement sur un fonds de solidarité, géré par le ministère de l'Agriculture, ainsi que sur un système assurantiel privé mais subventionné par l'Etat.

Ce système est largement jugé « à bout de souffle », a rappelé le secrétaire général de la FNSEA, Jérôme Despey. Selon lui, la production agricole va au devant de « grandes difficultés » si le gouvernement et les assureurs ne prennent pas des « mesures d'ampleur », « le plus tôt possible ». « On en a beaucoup trop parlé », a ajouté M. Despey.

L'organisation compte sur le déblocage de fonds publics, dans le cadre de l'élaboration du budget pour 2022. « Au moins » 700 millions d'euros sont nécessaires pour mener à bien la réforme de l'assurance récolte, a récemment estimé le député de la majorité Frédéric Descrozaille, auteur de rapports sur le sujet. L'élu préconise notamment d'inciter financièrement les agriculteurs à s'assurer davantage. Une piste privilégiée par la FNSEA, qui voudrait voir subventionnée l'assurance récolte à hauteur de 70%.

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Aujourd'hui, 30% des grandes cultures et des vignes sont assurées, en revanche, le taux de couverture ne dépasse pas 3% en arboriculture et 1% pour les prairies qui servent à nourrir le bétail.