Bien que les banques traditionnelles semblent frileuses à lidée douvrir les données financières de leurs clients à des tiers comme les fintechs, elles ont conscience que lopen banking favorise lémergence doffres personnalisées au service des consommateurs. Un chamboulement dans le secteur bancaire, qui jusqualors était cloisonné.
Lopen banking pour personnaliser les services bancaires
Véritable mine dor jusquà présent peu utilisée dans le secteur bancaire, la donnée permet davoir une connaissance enrichie des besoins des utilisateurs afin de personnaliser les services et répondre à leurs attentes.
De surcroit, selon une étude menée par Accenture en 2017, plus de deux tiers des clients ont déclaré être prêts à ouvrir laccès à leurs données bancaires pour bénéficier de services personnalisés.
« Nous avons besoin de services bancaires. Nous navons plus besoin de banques » (1). A lheure de la transformation digitale impulsée par lopen banking, cette citation de Bill Gates semble plus vraie que jamais : les services bancaires ont dautant plus de valeur lorsquils souvrent à des services extra-bancaires.
« Mieux cibler les attentes des clients pour leur proposer des services innovants »
En effet, le partage de données avec dautres acteurs financiers permettra de mieux cibler les attentes des clients pour leur proposer des services innovants et personnalisés. Par exemple, en étudiant le comportement financier des consommateurs, elles pourraient affiner les analyses de risque dans loctroi de crédit.
« Beyond banking » : des services au-delà du métier bancaire
Avec lavènement de lopen banking, les consommateurs peuvent gérer plus facilement leurs finances par eux-mêmes, contrôler davantage leurs dépenses et avoir accès à des services bancaires ou extra-financiers mis à disposition par leurs banques. Cest le cas dING avec son offre ING+ deals permettant à ses clients de bénéficier de réductions auprès de grandes enseignes partenaires telles que Booking.com ou Expedia.
Dans cette logique dite « beyond banking » (« au-delà de la banque »), qui vise à montrer à leurs clients quelles ne sont pas que des établissements financiers, les banques doivent accompagner le client tout le long de son parcours en anticipant ses besoins en amont et en aval.
Certaines banques traditionnelles lont d'ailleurs bien compris et optent pour des modèles auxquels se greffent des services extra-bancaires permettant détendre leurs offres de services personnalisés afin de garder la main sur la relation avec leurs clients. Alors que certaines ont multiplié les partenariats, dautres ont créé leur propre fintech pour satisfaire les nouveaux usages des consommateurs en quête de simplicité, rapidité et transparence.
Crédit Agricole, Max, Franfinance : des précurseurs ?
Premier à avoir innové en la matière, le Crédit Agricole a lancé son CA store, plateforme de co-création entre ses clients et des start-up partenaires visant à imaginer les applications digitales de demain. Plus récemment, cest la filiale de la Société Générale, Franfinance, qui sest alliée à la fintech Yelloan pour proposer des solutions de crédit en ligne via un agent conversationnel, Yello, qui accompagne lutilisateur dans sa demande de crédit. Max, fintech du Crédit Mutuel Arkéa et assistant virtuel financier, pousse des suggestions personnalisées en fonction du profil client. Elle leur propose par exemple des renégociations de crédit en fonction des taux dintérêt ou des placements alternatifs au livret A.
« Pour ne pas disparaître, les banques doivent sadapter »
A linstar de lindustrie musicale, qui a connu une profonde mutation ces dernières décennies avec larrivée du numérique bouleversant le modèle économique et favorisant la naissance des plateformes musicales, on assiste à une mutation du modèle bancaire. Pour ne pas disparaître, les banques doivent sadapter. Grâce à lopen banking, elles pourraient proposer, par exemple, des solutions innovantes telles que lintégration de plateformes de crédit reliées à un site dagences immobilières permettant daméliorer la souscription de prêts afin dasseoir leur positionnement concurrentiel.
Et pourquoi pas imaginer dans un second temps léchange de services entre les banques elles-mêmes afin doffrir plus de flexibilité et créer de la valeur pour le client, lui permettant par exemple de se voir proposer une offre de crédit plus intéressante chez une banque concurrente ?
(1) « We need banking. We dont need banks anymore. » Bill Gates, 1997.
Elisabeth Chang est consultante marketing bancaire chez Square, un groupe international de conseil en stratégie, organisation et conseil opérationnel.


















