Parmi les multiples pistes du rapport Cap 22 pour transformer la sphère publique : supprimer « à court terme » les pièces rouges. Une proposition d’ores et déjà critiquée par l’UFC-Que Choisir.

Le rapport du Comité action publique 2022, ou « Cap 22 », a été publié en cette fin juillet par le syndicat Solidaires Finances Publiques. Dans ce rapport, réalisé par un collège d’experts à la demande du gouvernement, une très longue liste de mesures représentant potentiellement « une trentaine de milliards d’euros » d’économies pour l’Etat d’ici 2022.

La proposition numéro 16 vise notamment à « aller vers une société zéro cash pour simplifier les paiements tout en luttant mieux contre la fraude fiscale ». Les auteurs de ce rapport souhaitent ainsi supprimer « progressivement la circulation d’espèces », en soulignant que les Français utilisent déjà massivement la carte bancaire pour les achats du quotidien.

Commencer par supprimer les pièces rouges

L’« extinction complète » des espèces n’est toutefois qu’un objectif lointain : « On pourrait commencer à court terme par mettre fin à la circulation des pièces de 1 et 2 centimes, comme cela a été fait en Irlande, en Finlande et en Belgique par exemple », avance ce comité. Selon les statistiques de la Banque de France, les pièces de 1, 2 et 5 centimes sont les pièces de monnaie les plus régulièrement remises en circulation, car elles sont souvent perdues, stockées ou collectionnées par les particuliers.

Par ailleurs, Cap 22 propose de « rendre obligatoire l’acceptation des paiements dématérialisés (carte bancaire, téléphone, virement) pour tous les achats, sans montant minimum » et de « supprimer les espèces, les chèques et les timbres pour les paiements fiscaux et sociaux d’ici 2 ans ».

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La crainte de l’inflation pour l’UFC-Que Choisir

Cette semaine, cette proposition du rapport Cap 22 a été fermement critiquée par le président de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, Alain Bazot : « Leur disparition aurait un effet inflationniste… », écrit-il dans une tribune. « En effet, il est à craindre, au vu des expériences passées (passage à l’euro ; baisse de TVA dans la restauration) ou étrangères que les commerçants arrondissent les prix à l’unité supérieure… Sous couvert de faire économiser le contribuable, on fait trinquer les consommateurs… »

Le gouvernement, qui n'a pas lui-même rendu ce rapport public, ne s’est pas exprimé sur cette série de propositions.