LItalie, avec son art de vivre, son climat et son architecture, constitue un archétype de destination coup de cur pour les étrangers. Mais visiblement pas assez pour lEtat italien. Ce dernier souhaite aussi attirer les plus fortunés. « Depuis 2016, dans ce but, lItalie propose deux systèmes dexonérations fiscales », précise Stefano Vignoli, fiscaliste francophone, expert comptable et commissaire aux comptes, associé fondateur du cabinet Studio Vignoli de Florence. « Jen rajouterai un 3e beaucoup plus ancien, les droits de succession et de donation très faible », poursuit-il.
Une taxation forfaitaire de 100 000 euros
Le premier système dexonération concerne les citoyens étrangers (français par exemple). Né en 2017, ce système a pour origine le Brexit et la volonté de lEtat italien dattirer de riches Britanniques. Ceci précisé, cette exonération touche tous les étrangers, Français compris, nayant pas résidé en Italie plus dun an au cours des dix dernières années. La taxe concerne uniquement les revenus perçus hors Italie. Dans ce cadre, sil les déclare en Italie, le contribuable se verra appliquer une taxe forfaitaire de 100 000 euros. Une taxation complémentaire de 25 000 euros sajoute pour le revenu de chacun des membres de la famille. Cet avantage dure 15 ans. Lorsque les revenus étrangers sarrêtent, il est possible darrêter ce régime. Pour que cela soit intéressant, le contribuable doit disposer dun revenu étranger dau moins un million deuros par an.
Un abattement de 50% sur les salaires
Le second régime concerne les salariés étrangers (cadres, cadres supérieurs, enseignants, chercheurs) et les professions libérales de niveau bac+5 qui nont pas résidé en Italie plus dun an les 5 dernières années. Il touche aussi les Italiens de retour dans leur pays natal. Dans ce cadre, lEtat italien les taxe uniquement sur la base de 50% de leurs salaires pendant au plus 5 ans. Mais pour cela, il est impératif de devenir résident italien. Cest à dire résider, travailler et vivre en Italie pour le salarié mais aussi sa famille. Ainsi, un cadre français détaché dans une entreprise italienne percevant 200 000 euros deuros par an de salaire sera taxé sur la base dun revenu de 100 000 euros. Labattement est même porté à 90% pour les professeurs et chercheurs souhaitant sinstaller en Italie. Enfin, ces nouveaux résidents italiens peuvent également bénéficier de la très faible taxe sur les successions. Ces dernières connaissent une franchise de 1 million deuros par personne. Au-delà, le taux dimposition nest que de 4%.
Une législation qui va encore évoluer
Ces aubaines comprennent aussi des écueils. « Tout dabord, ces deux régimes ne sont pas cumulables entre eux. Ensuite, lExit Tax en France donne la possibilité à létat français de taxer (ou reporter lors de la cession) limposition des plus-values latentes lors du départ en France vers lItalie lorsque la valeur des titres est au delà de 800 000 euros ou si le contribuable dispose de plus de 50% du capital dune société », met en garde Bernard Calier, fondateur du site Joptimiz.com, une plateforme dassistance fiscale en ligne.
Les choses évoluent encore en Italie. « La fiscalité est un sujet du débat électoral actuel. Le parti démocrate (centre gauche) propose une réduction progressive de limpôt sur le revenu. Le centre droit souhaite lintroduction dune flat tax pour tous avec un taux variant de 23 à 15% », conclut Evangelos Nicolaou, associé du cabinet Origa Consulting & Advisory, une société de conseil indépendante implantée à Paris et Rome.
















