Un sondage Ipsos souligne sans surprise à quel point la carotte fiscale est importante pour les donateurs assujettis à l'ISF. Près d’un sur deux compte attendre d’en savoir plus sur le devenir de l’ISF avant de donner cette année.

L’institut Ipsos a interrogé un panel de contribuables assujettis à l’ISF (1) à la demande de la fondation des Apprentis d’Auteuil, et a dévoilé les résultats ce mardi. Parmi les Français interrogés, plus de 8 sondés sur 10 ont l’intention de faire un don, en 2017, soit une proportion semblable à ceux qui ont donné au moins une fois en 2016 (2).

Mais le contexte électoral les fait réfléchir. En effet, plusieurs candidats se sont prononcés pour une importante évolution de l’impôt sur la fortune, François Fillon étant favorable à sa suppression et Emmanuel Macron souhaitant le transformer en impôt sur la rente immobilière. S'ils se disent très largement favorables à la suppression de l'ISF, 47% des sondés susceptibles de donner en 2017 préfèrent attendre le résultat de l’élection avant de donner à une association.

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« Même si l’acte de don est guidé par le sens et l’envie d’agir avant l’avantage fiscal – un don coûte plus que payer ses impôts -, c’est un levier important sur les sommes données », précise Stéphanie de Beaumont, responsable philanthropie d’Apprentis d’Auteuil. A ce jour, les dons effectués au profit d’organismes d’intérêt général ouvrent doit à une réduction d’ISF équivalente à 75% des sommes versées, dans la limite de 50.000 euros.

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En cas de surpression de l’ISF, 34% des sondés épargneraient les sommes qu’ils comptaient donner, 31% pensent les verser à des proches, et 30% les donneraient tout de même à des organismes d’intérêt général. « C’est pourquoi il est indispensable de prévoir un mécanisme fiscal alternatif en cas de suppression de l’ISF », plaide Stéphanie de Beaumont, qui défend logiquement les incitations à la philanthropie.

(1) Sondage réalisé par internet auprès de 305 personnes dont le foyer fiscal est assujetti à l’ISF, du 27 janvier au 9 février.

(2) Précision : les sondés n’ont toutefois pas précisé si les dons évoqués ont servi à réduire leur ISF ou leur impôt sur le revenu. Ce qui peut expliquer les écarts avec d’autres statistiques sur les dons ISF.