La député écologiste et ancienne ministre du Logement Cécile Duflot dénonce un secteur de l'immobilier « sursubventionné » qui conduit à des logements au prix « insoutenable », dans un entretien aux Echos mis en ligne mardi où elle défend sa loi Alur.

L'ex-ministre estime que « la France souffre d'avoir les prix de l'immobilier les plus élevés d'Europe » et qu'il s'agit d'« un des éléments qui pèse le plus sur la compétitivité française, des entreprises comme des ménages ». « Le prix de l'immobilier français est insoutenable », insiste-t-elle reconnaissant que « les ministres du Logement, y compris [elle-même], n'osent pas assez dire cette réalité ».

Selon l'ancienne ministre, « les aides, qu'il s'agisse du prêt à taux zéro appliqué à l'immobilier ancien ou de la défiscalisation du locatif neuf, sont inflationnistes. On a sursubventionné le secteur du logement pendant des années ».

« Alur est une loi structurelle »

La loi Alur, qu'elle a fait adopter et qui est en attente de nombreux décrets d'application, « permettra aussi d'en finir avec les effets de rente qui maintiennent ces prix élevés », assure-t-elle. « Alur est une loi structurelle qui s'attaque à des problèmes de fond. Je veux revendiquer cette nécessité de mettre du long terme dans la politique », poursuit-elle avant de s'en prendre au changement voulu par Matignon sur la Garantie universelle des loyers.

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« La GUL doit rester universelle », demande-t-elle, alors que Matignon veut la limiter aux jeunes. « Quand la garantie se limite aux publics les plus fragiles, elle est très coûteuse et quasiment impossible à mettre en œuvre », souligne-t-elle.