Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a assuré mardi sur RFI qu'il n'était « pas question » de revenir sur la fiscalisation des heures supplémentaires, démentant une information d'Europe 1. Mais les députés PS Gérard Bapt et Laurent Grandguillaume ont entretenu la polémique.

Europe 1 a affirmé mardi que le gouvernement n'était plus opposé au retour d'une partie du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires, mis en place par Nicolas Sarkozy et annulé par la gauche après son retour au pouvoir en 2012.

Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, a démenti cette information ce mardi sur RFI : « Il n'est pas question aujourd'hui, au moment où nous sommes engagés dans l'inversion de la courbe du chômage, de revenir sur la fiscalisation des heures supplémentaires ».

« Il peut y avoir des analyses sur ce que nous avons fait, les conséquences sur les plus petits salaires, la perte de pouvoir d'achat », a fait valoir le chef de file des députés PS. Mais « il faut avoir en tête ce que cela générait au sein des entreprises : quand une entreprise allait bien, elle n'embauchait pas, elle faisait faire des heures supplémentaires », a souligné Bruno Le Roux. Le député PS avait déjà affirmé que la remise en question de la fiscalisation des heures supplémentaires n'était pas à l'ordre du jour vendredi 23 août sur RTL.

Des députés PS favorables à la défiscalisation

A l'inverse, le député PS de Haute-Garonne Gérard Bapt a estimé, « à titre personnel, justifié » le débat engagé sur la question par Thierry Mandon, député PS de l'Essonne et l'un des porte-parole du groupe socialiste, face à la « perte de pouvoir d'achat significative » des salariés modestes. Il serait « opportun de revenir sur la disposition de suppression de l'exonération fiscale, mais en la limitant à un montant plafond de rémunération horaire, par exemple à moins de 3 fois le montant du SMIC horaire » et en la finançant par des « économies de fonctionnement », a-t-il précisé dans un communiqué.

Quant au député PS Laurent Grandguillaume, qui avait soutenu l'idée de Thierry Mandon dès cet été, il a déclaré à l'AFP souhaiter « un débat sur des propositions pragmatiques, sans esprit polémique, au sein du groupe socialiste ». « Même si une mesure ciblée nécessiterait un petit effort budgétaire, elle bénéficierait à des salariés », a ajouté cet élu de Côte d'Or, mettant en avant des témoignages de salariés et la position du numéro un de FO Jean-Claude Mailly pour une réouverture du dossier notamment dans les petites entreprises.