La présidente du Medef, Laurence Parisot, a demandé mardi au gouvernement de « modifier » le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, jugeant que certains points n'étaient « pas conformes à l'esprit de l'accord » entériné par les partenaires sociaux le 11 janvier.

Alors que le projet de loi sera examiné par l'Assemblée nationale début avril, Mme Parisot a exposé lors d'une conférence de presse « un certain nombre d'inquiétudes sur les engagements pris par la majorité, par le Premier ministre et par le président de la République ».

Evoquant la transposition de l'accord signé par trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et le patronat (Medef, CGPME, UPA) en projet de loi par le ministre du Travail, la patronne des patrons a dit avoir « continué à travailler et échanger sans vouloir provoquer le moindre blocage ».

« Le texte est ensuite passé par le Conseil d'Etat et, là encore, il y a eu un certain nombre d'ajustements qui nous ont gênés », a-t-elle affirmé. « Puis, entre la sortie du Conseil d'Etat et la présentation devant le Conseil des ministres, le 6 mars, là encore, nous avons constaté qu'un certain nombre de points étaient problématiques », a-t-elle poursuivi. Pour la présidente du Medef, il y a des « éléments qui, selon nous, devraient encore être modifiés par le gouvernement avant d'entrer à l'Assemblée ».

Mme Parisot a notamment pointé la question des modalités de la généralisation des complémentaires santé à tous les salariés, des ambiguïtés sur les délais préfix, qui encadrent les procédures judiciaires, et « les dispositifs liés à la mobilité interne ou aux accords de maintien dans l'emploi », qui ne lui « paraissent pas sécurisés juridiquement ».

« Tout n'est pas perdu »

« Cela est susceptible de nous faire regarder l'accord d'une autre façon », a-t-elle continué. Et d'ajouter : « Tout n'est pas perdu (...) J'espère que tout le monde comprendra qu'il en va de l'esprit du dialogue social et du paritarisme, et de l'introduction du concept de flexisécurité dans notre pays ». Laurence Parisot a par ailleurs invité l'Assemblée nationale à « rejeter en bloc » le texte sur l'amnistie sociale, adopté par le Sénat, qui vise à amnistier les syndicalistes qui se seraient rendus coupables de délits, lors de manifestations ou occupations d'usines.

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« Je ne sais pas trouver les mots pour dire l'indignation de tous les chefs d'entreprise », a-t-elle dit, face à un texte qui n'est « pas conforme à l'esprit républicain et démocratique ». « Alors que nous sommes nombreux à agir pour développer un dialogue social pacifique (...), il faut bien faire comprendre aux parlementaires que le vote d'un texte de ce type équivaut à cautionner des actes de violence contre les personnes et contre les biens », a-t-elle affirmé.

Sur les retraites complémentaires, la présidente du Medef a rappelé que l'accord du 13 mars, qui prévoit une désindexation temporaire des pensions et une modification du taux contractuel, avait été acté à « condition qu'il y ait une réforme du régime de base à partir des paramètres structurels : durée de cotisation et âge ».

Elle ensuite formulé « une suggestion » : « A l'occasion de la conférence sociale (de juillet), examiner ensemble, Etat et partenaires sociaux, cette question de la réforme du régime général et du financement de la protection sociale ».