Dans une interview au Financial Times, Benoît Coeuré, membre du directoire de Banque centrale européenne (BCE), indique que la baisse du taux directeur au mois de juillet est « certainement une option ».

« Cela a été discuté lors du dernier conseil des gouverneurs et je m'attendrais à ce que ce soit encore discuté lors du prochain conseil », qui se tiendra le 5 juillet, a notamment déclaré Benoît Coeuré. Lors de la réunion du conseil des gouverneurs le 6 juin, la BCE avait laissé son principal taux directeur inchangé à 1%, son plus bas niveau historique où il campe depuis décembre, malgré la résurgence de la crise en zone euro. Le président de la BCE, Mario Draghi, avait toutefois admis que certains gouverneurs avaient réclamé une baisse de taux, tout en indiquant qu'ils « étaient très peu ».

« Au regard de la crise actuelle, cela [une baisse du taux] pourrait peut-être être utile dans une certaine mesure mais, comme tout ce que nous faisons en ce moment, cela ne résoudra certainement pas les problèmes fondamentaux », a ajouté Benoît Coeuré.

Le FESF prêt à acheter de la dette souveraine ?

Interrogé par ailleurs par le journal économique sur la possibilité que le Fonds de secours de la zone euro (FESF) rachète de la dette souveraine sur le marché secondaire, Benoît Coeuré s'est montré étonné que ce ne soit pas déjà le cas. « C'est un mystère que le FESF ait été autorisé il y a presque un an à intervenir sur le marché secondaire et que les gouvernements n'aient pas encore choisi d'utiliser cette possibilité ».

Frais bancaires : jusqu'à 259 € d'économies grâce à notre comparateur

La BCE s'est toujours montré favorable à ce que les Etats, via le FESF, aient recours à l'achat d'obligations souveraines sur le marché secondaire pour soulager les tensions sur les taux d'intérêt de certains pays. L'institution s'était résolu au printemps 2010 à effectuer elle-même cette tâche au travers de son programme baptisé SMP, mais avec réticence et sous le feu des critiques de certains de ses membres, dont la banque centrale allemande qui estime que cela contrevient à son mandat. Ce programme est d'ailleurs en sommeil depuis mi-février même si Mario Draghi tend à répéter qu'il existe toujours.

Interrogé par les médias italiens, en marge du sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique, sur l'hypothèse d'utiliser le fonds de secours européen pour racheter des titres de dette des pays fragiles, le chef du gouvernement italien, Mario Monti avait indiqué que « l'on réfléchissait » à cette idée au niveau de la zone euro. Selon M. Monti, ce système permettrait de lutter contre la flambée des taux qui touche actuellement l'Espagne et l'Italie sur le marché de la dette. Mais la chancelière allemande Angela Merkel a assuré mercredi qu'il n'y avait « pas de projet concret » d'achat d'obligations d'Etat espagnoles par les fonds de secours de la zone euro (le FESF ou le MES, le Mécanisme européen de stabilité).