Selon le ministère de l'Economie et des Finances, le plan d'aide européen en faveur de l'Espagne sera « neutre » pour le déficit public de la France, mais pourrait, en fonction des modalités de déboursement de ce soutien financier, alourdir la dette publique.

L'Espagne a conclu samedi avec ses partenaires européens un accord sur un plan d'aide à son secteur financier, en grande difficulté, pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros. La France en garantit environ un cinquième.

« Par rapport à nos finances publiques, c'est neutre parce que nous avons déjà voté un plafond de garanties au Parlement qui inclut cette éventualité, donc pas d'effet », a déclaré mardi le ministre Pierre Moscovici sur Europe 1. Il a également souligné que le montant décidé par les dirigeants européens correspondait à un plafond. « On ne sait pas quelle est la somme parce que 100 milliards est un plafond », a-t-il indiqué.

Neutre pour le déficit, pas forcément pour la dette

En fait, ce plafond de garanties concerne l'apport français au Fonds européen de stabilité financière (FESF), le mécanisme provisoire de secours de la zone euro. Toutefois, chaque décaissement du FESF alourdit la dette publique des Etats membres au prorata de leur participation (autour de 20% s'agissant de la France), a-t-on précisé à Bercy. Le déficit public, lui, demeure inchangé.

Si par contre c'est le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours permanent appelé à fonctionner en juillet, qui apporte l'aide, les décaissements à l'Espagne n'auront d'impact ni sur le déficit ni sur la dette françaises, car il est doté de capital déjà comptabilisé dans les comptes publics.

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Le recours au FESF ou au MES n'a pas encore été tranché. Il n'est pas exclu que l'aide provienne d'abord du premier, puis que le second prenne le relais. Il est donc impossible pour l'instant de calculer précisément l'éventuel impact de l'aide à l'Espagne sur la dette de la France.