Interrogé par BFM Business, le président de la Fédération bancaire française (FBF), Frédéric Oudéa, a prévenu que les marchés financiers, qui connaissent actuellement un nouvel accès de fièvre, risquent de rester volatils pendant encore un ou deux ans.

« Il faut se dire que les marchés resteront effectivement – est-ce que c'est pour l'année qui vient, les deux prochaines années, je pense – toujours volatils », a indiqué Frédéric Oudéa, également patron de la Société Générale.  Après quelques mois d'accalmie, les bourses européennes accusent en effet un net repli depuis début avril et le marché obligataire connaît un regain de tensions, sur fond d'inquiétudes concernant notamment l'Espagne. « Il faut s'habituer à ce type de volatilité », a poursuivi Oudéa, qui a rappelé que les réformes entreprises en Europe allaient prendre du temps.

« Il faut arriver à montrer aux marchés que les trajectoires deviennent vertueuses, et ça c'est un certain nombre de trimestres pour montrer que les résultats sont bien au rendez-vous », a-t-il prévenu. « Il y a ce questionnement (sur la croissance et l'endettement de l'Espagne) et tant qu'au fond les résultats ne seront pas là, tangibles, il peut y avoir ce type de question. Il peut y avoir d'autres questions sur d'autres pays, y compris les incertitudes liées à l'élection en France. Tous ces éléments d'incertitude peuvent alimenter une certaine nervosité du marché ».

Pas de troisième LTRO

Le patron de la FBF a rappelé les efforts de réduction de dette entrepris par plusieurs pays européens, notamment la Grèce, l'Italie ou l'Espagne, jugé « suffisant » le pare-feu de 800 milliards d'euros dont s'est dotée la zone euro, et « ne pense pas du tout qu'il soit utile aujourd'hui d'avoir un troisième LTRO », opération de prêt d'une durée inédite (trois ans) réalisée déjà à deux reprises par la BCE, en décembre et en février, pour un montant total d'environ 1.000 milliards d'euros.

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Quant à un remboursement de ces prêts avant l'échéance, qui a fait l'objet de spéculations, c'est un débat « prématuré », a estimé Frédéric Oudéa. « On verra bien dans douze à dix-huit mois où l'Europe en est et il sera tout à fait temps de rembourser si on est capable effectivement de le faire. »