Les professionnels de la construction et du logement ont présenté mercredi des mesures pour stimuler les investissements dans leur secteur, rattrapé par la crise, alors qu'ils jugent que le logement n'est pas assez pris en compte dans la campagne présidentielle.

Pour près des trois quarts des Français (73%), les candidats à l'élection présidentielle ne parlent pas suffisamment de la question du logement, selon un sondage Ipsos réalisé à l'occasion du Sommet de l'immobilier et de la construction mercredi, auquel étaient invités Jean-Marc Ayrault pour le PS et Jean-François Copé pour l'UMP.

La Fédération française du bâtiment (FFB), qui prévoit en 2012 un recul de 1,9% de l'activité du secteur, notamment à cause de la faiblesse de la croissance, de la contraction du crédit et des plans de rigueur, estime que « la réalité et le sentiment d'une crise protéiforme du logement s'imposent ».

Déductibilité des intérêts d'emprunt et des charges

Les professionnels souhaitent pallier la fin du dispositif Scellier, prévue en décembre 2012, avec « un modèle de fiscalité immobilière de base équilibrée » pour développer le marché locatif privé, « à l'instar du système allemand » mais « sans mise en place de niche fiscale ». Ce modèle repose sur « la déductibilité, sans limite, sur le revenu global positif des intérêts d'emprunt, des petits travaux et des charges locatives » et sur « une exonération de la taxation de la plus-value au-delà de la loi commune de détention de dix ans », détaille l'organisation.

Trouvez le taux le plus bas pour votre projet immobilier !

Les professionnels demandent également à ce qu'Action Logement (ex 1% logement) soit restauré « dans sa fonction première, c'est-à-dire le logement des salariés » avec « un arrêt total des ponctions au profit de l'Anah » (Agence nationale de l'habitat). Enfin, pour réduire la pression foncière, la FFB propose une réforme de la taxe foncière pour « pénaliser la spéculation » et la rétention de terrains en révisant la méthode de calcul, qui serait basée non plus sur la valeur locative cadastrale mais sur la valeur de marché, plus élevée.