Dans une interview accordée au site d'informations Huffington Post, le président du directoire du groupe bancaire BPCE se dit « d'accord pour interdire aux banques toute activité spéculative » lorsqu'elles agissent « pour leur compte ».

« Sur le principe, on a le droit de demander aux banquiers de se consacrer à leurs clients et de ne pas spéculer avec leur argent », déclare François Pérol, plaidant pour une « adaptation » en France de la réglementation dite « Volcker », du nom d'un ancien président de la Réserve fédérale américaine. C ensée entrer en vigueur d'ici juillet aux Etats-Unis, elle interdit aux banques de dépôt de mener un certain nombre d'opérations financières pour leur propre compte.

« Il faut également mieux réguler les produits complexes et spéculatifs, ce que l’on appelle les produits dérivés », estime le président de BPCE. « Quand une banque utilise ses fonds propres pour essayer de faire mieux que le marché, ou lorsqu’elle achète de la titrisation, comme avec les subprime, elle sort de son rôle : ce n’est pas ce qu’attendent les clients ».

« Un péage en plein désert »

Interrogé sur la taxe sur les transactions financières voulue par Nicolas Sarkozy, Pérol, un ancien conseiller de l'Elysée, considère qu'il s'agit d'« une cause qui mérite d'être soutenue, mais qui ne prend tout ce sens qu’à la condition d’être suivie par le plus grand nombre ». « Une taxe limitée à un seul pays sur l’ensemble des transactions financières est dangereuse. Il ne faut pas se leurrer : les acteurs des marchés se contenteront d’aller investir ailleurs. Cela reviendrait, en fin de compte, à avoir construit un péage en plein désert ».

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Il se dit également « cent fois d'accord avec l’obligation de renforcer les fonds propres » des banques, mais estime qu'il « ne faut pas leur demander d’accélérer encore ce rythme, comme le souhaiteraient les marchés », au risque sinon « d’assister à un resserrement du crédit ». Sur ce point, le patron de BPCE récuse toute frilosité de son groupe et assure n'avoir « aucune inquiétude sur (sa) capacité à prêter cette année » à ses clients, soulignant au passage que BPCE a accordé « 24,6 milliards d'euros de crédit » entre décembre 2010 et décembre 2011, soit une hausse de 8% sur un an.