Pour le président de la Fédération bancaire française (FBF) François Pérol, l'introduction d'une taxe sur les banques pour contribuer au nouveau plan de soutien à la Grèce, idée qui émerge au sein des autorités de la zone euro, répond à une "logique étrange".

Le ministre des Affaires européennes Jean Leonetti a indiqué lundi que la piste de cette taxe était à l'étude, l'un de ses principaux atouts étant qu'elle ne déclencherait pas un défaut de paiement de la Grèce. D'après lui, cette taxe ne concernerait pas uniquement les banques détenant des obligations grecques.

Lors d'une point presse, le président du directoire de BPCE s'en est étonné : « Il nous semble que ce n'est pas une réponse politique et économique, c'est autre chose ». Il a ensuite ironisé : « On est en Europe, donc il est très probable que la solution au problème soit un impôt. Tout le monde va se sentir très rassuré par cette solution ».

"Les marchés ne font pas la loi"

Le président de la FBF a ensuite évoqué la réunion des dirigeants de la zone euro, qui se réunissent jeudi à Bruxelles pour trouver une solution à la crise grecque. Ils vont devoir "parler d'une seule voix, une seule fois, pour dire quelle est leur stratégie". Pour lui, les créanciers privés, représentés par l'Institut de la finance internationale (IIF), ont soumis aux autorités européennes un "menu d'options" qui doit leur permettre d'articuler la participation des créanciers privés au plan de soutien.

Pressé de détailler les différents volets de ce plan, le dirigeant s'y est refusé, indiquant simplement que les banques françaises ont souhaité que la formule permette à la Grèce de "bénéficier d'un financement aussi long que possible de façon à étaler la charge de la dette".

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Pour le président de la FBF, "les marchés ne font pas la loi" et "ne prétendent d'ailleurs pas la faire". "Ils posent une question simple, de façon obstinée, aux autorités européennes: quelle est votre stratégie pour la Grèce ? Cela fait trois mois que les marchés ont besoin d'être guidés", a-t-il lancé, ajoutant que "la question est posée aux Etats, pas aux banques" : "Qu'on ne renvoie pas aux banques la responsabilité de cette affaire. C'est une crise des Etats".