Des peines allant jusqu'à deux ans de prison ferme ont été prononcées mardi par le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de dix personnes reconnues coupables d'escroquerie ou de blanchiment dans le cadre d'une arnaque de 15 millions d'euros au détriment de la veuve de l'ancien PDG de Microsoft Europe.

En 2004, une employée du Crédit Agricole Titres (CAT) avait eu l'idée de détourner des fonds de La Compagnie financière Edmond de Rothschild (LCF), qui confie au CAT la gestion de ses valeurs mobilières. Avec la complicité de son mari et d'autres personnes (un restaurateur, un décorateur, un avocat, un banquier camerounais, un entrepreneur danois ou encore un conseiller financier américano-israélien), elle avait fait transférer le 1er juillet 2004 vers une banque américaine quelque 650.000 actions Microsoft d'une valeur de 15,4 millions d'euros, appartenant à la veuve de l'ancien PDG de Microsoft Europe, Brigitte Lacombe.

Mais une maladresse des apprentis escrocs, un fax envoyé par erreur le mois suivant à la LCF, avait permis de découvrir la fraude. Quelque 11 millions de dollars ont été interceptés au Danemark et placés sous séquestre, mais le reste de l'argent n'a pas été retrouvé.

Prison, amendes et interdiction d'exercer dans le domaine bancaire pour les dix prévenus

Les dix prévenus ont été reconnus coupables pour leur implication à des degrés divers dans cette arnaque. Trois ont écopé de peines de quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis. Les autres peines s'échelonnent de six mois de prison avec sursis jusqu'à trois ans de prison, dont 18 mois ferme. Plusieurs peines sont assorties d'amendes allant de 50.000 à 200.000 euros, voire d'interdictions d'exercer une activité professionnelle dans le domaine bancaire ou, en ce qui concerne l'un des prévenus, la profession d'avocat pendant un an.

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L'employée de banque à l'origine de l'escroquerie, Valérie Pino, a été condamnée à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis, et cinq ans d'interdiction d'exercer une activité professionnelle dans le domaine bancaire.

Les prévenus ont été condamnés à verser solidairement à LCF 756.765 euros de dommages et intérêts, et à la CAT 5,085 millions d'euros.

La justice a octroyé un euro pour préjudice moral à Brigitte Lacombe.