Huit anciens salariés de l'assureur Generali, licenciés en 2007 pour avoir refusé une modification de leur mode de rémunération, ont entamé une grève de la faim pour tenter d'obtenir des compensations.

Sans attendre l'appel après une première décision du conseil de prud'hommes leur étant défavorable, ils ont décidé de se mettre en grève de la faim, le premier d'entre eux dès le 10 février tandis que le huitième a rejoint le mouvement cette semaine.

Pour leur avocat Denis Delcourt-Poudenx, « ces personnes ont perdu confiance dans l'institution judiciaire car elles attendaient énormément du tribunal des prud'hommes » qui, en décembre 2010, les a déboutés de toutes leurs demandes.« Elles ont toutes fait appel, mais elles doivent maintenant encore attendre de longs mois avant une audience », a-t-il ajouté pour tenter d'expliquer le choix des ex-salariés, qui occupaient des postes de conseillers commerciaux, d'entamer ce type de grève.

L'avocat en appelle à la nomination d'un médiateur par le ministère du Travail afin de « trouver une solution qui passera par une indemnisation ». Devant les prud'hommes, 86 ex-salariés ayant engagé une action collective ont réclamé des sommes de plusieurs dizaines de milliers d'euros par personne. Mais le conseil de prud'hommes de Paris n'a reconnu ni le licenciement « sans cause réelle et sérieuse », ni la nullité du plan de sauvegarde de l'emploi mis en oeuvre en 2006/2007 pour licencier les 222 salariés qui avaient refusé de voir leur mode de rémunération changer. La juridiction prud'homale a également refusé l'indemnisation demandée en raison du système de paiement des frais professionnels utilisé par Generali.

222 licenciés

Interrogé sur la grève de la faim de ces ex-salariés, le directeur général adjoint de Generali, Michel Estimbre, a déclaré à l'AFP: « cette situation nous interpelle même si elle nous semble quelque peu disproportionnée ». « Ces grèves de la faim reflètent des problèmes humains et sociaux et nous travaillons à des propositions pour les traiter », a-t-il ajouté en précisant que des offres pourraient être faites dans les prochains jours aux grévistes. « Sur le fond, les prud'hommes ont rendu une décision qui nous est favorable, maintenant nous laissons la justice faire son travail et attendons la décision en appel », a-t-il ajouté.

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Le syndicat FO de Generali a réclamé vendredi « l'ouverture de négociations urgentes », une demande déjà formulée dans une lettre à la direction datée du 7 mars. FO estime que « les salariés sont confrontés à la puissance financière et aux moyens considérables que Generali utilisent pour les contrer, les poussant ainsi au désespoir ».

Dans une réponse écrite, Generali rappelle que deux accords collectifs portant sur le nouveau système de rémunération avaient été signés par quatre organisations syndicales (CFDT-CFE/CGC-CFTC-CGT) et que le le plan social a été entériné en 2006 par le comité d'établissement. La direction souligne qu'une minorité (15%, 239 personnes) des 1.600 conseillers commerciaux concernés à l'époque par le nouveau système de rémunération l'a refusé. Sur les 239, 17 ont été reclassés et 222 ont été licenciés dans le cadre du plan social.