Effort historique et hors norme, comme l'annonce le gouvernement ? Ou simple de budget de crise, exploitant la vieille recette des hausses d'impôts ? Les éditorialistes de la presse nationale n'adoptent pas tous le même angle pour évoquer le projet de budget 2011, présenté hier.

La Tribune affiche clairement la couleur en titrant en Une « Le retour des hausses d’impôts ». L’éditorialiste du quotidien économique, François Lenglet, s’en félicite d’ailleurs : « [Notre gouvernement] utilise les bonnes vieilles méthodes, et c’est heureux. Oui, ce budget prévoit des hausses d’impôts, et elles étaient nécessaires pour réduire un déficit intenable.» Pour lui, Bercy a choisi sciemment de faire porter l’effort par les classes moyennes supérieures, « qui présentent le double avantage (...) d’être relativement nombreuses et de posséder quelques moyens à ponctionner.»

Françoise Fressoz, chef du service politique du Monde, ne partage pas tout à fait ce point de vue. Pour elle, le gouvernement a choisi de « saupoudrer les réductions d’avantages fiscaux », d’agir « de façon homéopathique » pour éviter de donner l’impression de « matraquer » une catégorie de la population. Par ailleurs, elle estime que « le gouvernement a tout fait pour ménager les entreprises ». Pour elle, ces arbitrages incombent à Nicolas Sarkozy qui a voulu, malgré la crise budgétaire, « tenir son épure », c’est-à-dire rester dans la ligne économique fixée en 2007, en donnant la priorité à la compétitivité des entreprises et au refus des hausses d’impôts.

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L’éditorialiste des Echos Jean-Francis Pécresse voit, lui, une vraie rupture dans ce budget qui selon lui est une déclaration de guerre à la dépense publique, à travers le gel annoncé des dépenses de l’Etat, des salaires des fonctionnaires et surtout dans la diminution des dépenses d’intervention de l’Etat dans les politiques publiques. Pour le reste, il considère qu’il n’y a pas de hausses d’impôts « au sens strict », mais un « nettoyage de niches fisco-spéculatives » qui ne fait que retirer des avantages à certains Français parmi les plus aisés. Au final, le point de vue de Jean-Francis Pécresse sur le projet dévoilé hier est assez élogieux : ce budget est selon lui « équilibré » car rigoureux sur les dépenses, mais pas trop sur les recettes, afin de ne pas remettre en cause la croissance espérée en 2011.