François Fillon a assuré vendredi que même sans "unanimité" au sein du G20 sur le principe de création d'une taxe mondiale sur les banques, il existait au moins "un consensus" quant à son objectif de "limiter les comportements à risque" des institutions financières.

Lors d'une conférence de presse à Matignon avec son homologue canadien Stephen Harper, farouche opposant à cette mesure, le Premier ministre a reconnu que « taxer les activités à risques des banques » n'était pas « consensuel au plan international » et notamment parmi les pays du G20. En revanche, « il y a un très large consensus » sur « l'objectif, qui est de limiter les comportements à risque des banques », a-t-il poursuivi.

Discussions à Toronto

« Nos opinions publiques ne comprendraient pas qu'après avoir été sauvés, nos établissements financiers reviennent comme si de rien n'était aux mêmes pratiques qui nous ont conduits au bord du gouffre », a insisté M. Fillon.

« Evidemment, nous aurons des discussions sur cette question à Toronto », qui doit accueillir le prochain G20 fin juin, a déclaré pour sa part le Premier ministre canadien. « On cherche à trouver une entente sur cette question, et même si les pays font des choses différentes on peut reconnaître un principe en commun, qui est que les risques sont pris par les institutions bancaires elles-mêmes et non pas par les contribuables », a-t-il poursuivi.

Le Canada craint une hausse des tarifs bancaires

Stephen Harper s'était entretenu auparavant à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. Au cours de la rencontre, le président français a concédé sur cette question de taxe que « chaque pays pouvait faire ce qu'il voulait, mais que le G20 devait définir des principes et un cadre pour les pays qui souhaitent l'appliquer », a indiqué l'Elysée après l'entretien.

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L'un des arguments d'Ottawa contre une taxe bancaire est de dire que son poids retomberait sur les usagers des banques, celles-ci risquant d'augmenter leurs tarifs, et pénaliserait celles qui ont su rester en bonne santé en les traitant à égalité avec les institutions financières contraintes à la faillite.