Le groupe BPCE a bien l'intention de rembourser d'ici à 2013 l'argent prêté par l'Etat dans le cadre des aides versées au secteur bancaire, a déclaré mardi aux Echos le président de son directoire François Pérol, qui indique que l'objectif est de "rembourser ces aides aussi vite que possible".

« D'ici à 2013, nous aurons remboursé l'Etat, tout en portant nos fonds propres à plus de 8% », affirme M. Pérol, estimant que le groupe bancaire a amorcé depuis son arrivée un « redressement progressif ». Ce remboursement « peut se faire en dehors de toute cession », a ajouté M. Pérol, dont l'objectif est de « rembourser ces aides aussi vite que possible ».

BPCE, né du rapprochement en juillet 2009 du rapprochement de Banque Populaire et Caisse d'Epargne, est le seul établissement français (hors Dexia dont la situation est spécifique) à ne pas avoir intégralement remboursé les apports de l'Etat. C'est également la banque à avoir le plus bénéficié des apports de l'Etat dans le cadre du plan de soutien au secteur, qui se sont montés dans son cas à 7,1 milliards d'euros. Sur ce montant, 4 milliards ont été prêtés à un taux de 9%. Le reste est composé d'actions préférentielles. Au total, BPCE doit encore environ 5,3 milliards d'euros de capital à l'Etat. Elle a déjà remboursé 750 millions d'euros fin 2009 et un milliard en 2010.

Le montant des intérêts versés à l'Etat a été de 358 millions d'euros en 2009. Pour 2010, les intérêts devraient s'élever à 536 millions d'euros, si aucun nouveau remboursement n'intervient d'ici à la fin de l'année.

BPCE prévoit de renforcer sa position à l'international

Par ailleurs, interrogé sur la politique d'acquisitions de BPCE, François Pérol a indiqué qu'il envisageait de se renforcer à l'international. « Nous pourrions nous renforcer à l'international, par acquisition ou croissance organique, par le biais de Natixis, dans la gestion d'actifs par exemple », a souligné M. Pérol.

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Concernant Natixis, dont BPCE est l'actionnaire principal, M. Pérol a exclu tout retrait de la cote, estimant qu'aucun projet de ce type n'était « à l'ordre du jour ». Natixis, dont l'action vaut environ 3 euros, a dégagé un bénéfice net de 464 millions au premier trimestre 2010 après avoir essuyé de lourdes pertes dues à la crise financière et à des investissements à risque, s'élevant à 2,8 milliards d'euros en 2008 et 1,7 milliard en 2009.