Le président de la Commission des Finances du Sénat Jean Arthuis (Alliance centriste) "doute" que le gouvernement puisse atteindre "en seulement trois ans" l'objectif de trouver 100 milliards d'euros pour réduire ses déficits.

« Je doute que le gouvernement atteigne cet objectif en seulement trois ans. Il faudrait au moins quatre ou cinq ans pour cela », affirme M. Arthuis interrogé dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France. « C'est un exercice sans précédent. Or, souligne-t-il, il est quand même nécessaire de garantir un minimum de moyens aux services publics ».

« On ne peut pas équilibrer nos comptes uniquement en réduisant les dépenses publiques », estime aussi le sénateur alors que le gouvernement a décidé de geler les dépenses de l'Etat durant trois ans. Il faut « réformer notre système fiscal », préconise-t-il réaffirmant être favorable à « l'abrogation du bouclier fiscal et à la suppression de l'ISF (impôt sur la fortune) » avec comme contrepartie la création « d'une sixième tranche d'imposition pour les hauts revenus ».

« Economiser chaque année »

Il faut aussi « aligner la taxation des plus-values mobilières et immobilières sur celle des revenus d'activité », ajoute-t-il. « Quant à la réduction des niches fiscales, l'objectif de 5 milliards d'euros me paraît raisonnable, mais pas sur deux ans. C'est ce qu'il faut économiser chaque année », juge M. Arthuis.

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Le président Nicolas Sarkozy organise ce jeudi à l'Elysée une deuxième conférence sur la réduction des déficits. La France s'est engagée à ramener ses déficits dans la limite de 3% du PIB en 2013. La facture de ce retour à l'orthodoxie budgétaire est évaluée par le ministère de l'Economie à environ 95 milliards d'euros sur trois ans.