Le groupe bancaire français BPCE et la banque islamique qatari QIB (Qatar islamic bank) ont signé le 25 mars un protocole d'accord qui lance une réflexion conjointe sur la finance islamique, a indiqué lundi le groupe à l'AFP.

"Cela fixe le cadre d'une réflexion en matière de finance islamique", a-t-on expliqué chez BPCE, tout en précisant que les pistes de travail ne concernaient pas que le marché français.

Dans le cas de la France, le développement de la finance islamique "dépend pour beaucoup des aménagements juridiques et fiscaux qui pourraient être adoptés au terme du travail de place actuellement en cours", a-t-on rappelé.

Le groupe a insisté sur le fait que la réflexion se situait encore à un stade préliminaire. "A ce stade, notre préoccupation, c'est de voir comment ça fonctionne, parce que nous n'avons pas d'expérience dans ce domaine et c'est pour cela que nous nous sommes associés à QIB, qui est un leader en finance islamique dans son pays", a-t-on expliqué chez BPCE.

QIB a dégagé en 2009 un bénéfice de 1,8 milliard de rials qataris (environ 370 millions d'euros). Fondée en 1982, elle dispose aujourd'hui au Qatar d'un réseau de 26 agences.

La finance islamique, qui n'existe pas en France, fait l'objet d'une réflexion du gouvernement français depuis deux ans environ. La ministre de l'Economie Christine Lagarde s'est souvent prononcée en faveur de son développement sur la place de Paris.

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Un amendement à la loi sur les PME visant à permettre en France des émissions obligataires islamiques (sukuk) a été adopté le 17 septembre par l'Assemblée, mais il a été censuré par le Conseil d'Etat, saisi par le parti socialiste, au motif qu'il était dépourvu de tout lien avec l'objet du texte.

La finance islamique interdit le recours aux intérêts, à la spéculation et aux investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, pornographie, tabac...).