La commission Juppé-Rocard a remis au chef de l'Etat, hier jeudi, son rapport sur le grand emprunt.

Comme prévu, le document de 128 pages, intitulé « Investir pour l'avenir », préconise un investissement public « tourné vers l'innovation » de 35 milliards d'euros. En y ajoutant les financements privés, locaux et européens qui devraient venir s'ajouter « par effet de levier », c'est un objectif final de 60 milliards qui a été affiché par les rédacteurs du rapport. Reste désormais à attendre l'arbitrage du chef de l'Etat.

Nicolas Sarkozy semble vouloir aller vite. L'Elysée a annoncé hier qu'il se prononcerait sur le rapport « dans les premiers jours de décembre », après consultation des partenaires sociaux et des forces politiques.

Par son montant, 35 milliards, le grand emprunt proposé par le rapport correspond en tout cas à la fourchette fixée début novembre par le chef de l'Etat, entre 25 et 50 milliards. Ses modalités, qui privilégient le recours aux marchés, sont également en accord avec la volonté du ministère de l'économie, qui entend affecter à ces nouvelles dépenses les 13 milliards d'aides récemment remboursées à l'Etat par les banques. Enfin, d'après Alain Juppé, « Nicolas Sarkozy a été approbateur des grandes orientations du rapport. »

Sept priorités stratégiques

Le rapport identifie 17 domaines d'action répartis dans sept grandes priorités stratégiques :

  • l'enseignement supérieur et la recherche (16 milliards d'euros)

  • la ville de demain (4,5 milliards),

  • la société numérique (4 milliards)

  • les énergies décarbonées (3,5 milliards)

  • la mobilité du futur (3 milliards)

  • les PME innovantes (2 milliards)

  • les sciences du vivant (2 milliards)

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Le rapport précise que « dans tous les cas, les dépenses choisies sont porteuses d'une rentabilité directe ou indirecte pour l'Etat » et donc d'une promesse d'autofinancement à moyen-terme. Les premiers calculs, en effet, font état de 0,5 point de gain durable de PIB, et donc d'environ 4 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales supplémentaires par an.