En route pour Chypre lundi matin, le président français Emmanuel Macron a indiqué à des journalistes « que l'utilisation des réserves stratégiques était une option envisagée ».
« Une coordination des chefs d'Etat et de gouvernement du G7 cette semaine sur la question de l'énergie est à l'étude », a-t-il ajouté. Le président français a ensuite déclaré qu'une réunion des ministres de l'Energie se tiendrait mardi en marge du sommet nucléaire qui accueillera à Paris une soixantaine de pays, sans préciser si cette réunion aurait lieu au niveau du G7.
« Il y aura une réunion demain (mardi), en marge du sommet à Paris sur le nucléaire, qui se tiendra entre ministres de l'Energie », a-t-il dit à l'aéroport militaire de Paphos (Chypre). « Et j'ai souhaité qu'on puisse mobiliser, au niveau du G7, une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques », a souligné M. Macron.
« Pas de pénurie imminente » dans l'UE
Une réunion des ministres des Finances de ces sept économies avancées (Etats-Unis, Japon, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie) s'est tenue lundi en visioconférence à 13H30 heure française (12H30 GMT).
A l'issue de ce G7 Finances, le ministre français de l'Economie et des Finances Roland Lescure doit s'exprimer à Bruxelles, avant une réunion avec ses homologues de la zone euro (Eurogroupe), alors que les prix du pétrole ont flambé avec la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz.
Le pétrole a brièvement bondi de plus de 30% lundi, à près de 120 dollars, faisant plonger les marchés boursiers et ravivant les craintes d'un choc inflationniste. Cette flambée s'est atténuée après l'annonce de l'utilisation envisagée des réserves stratégiques.
Selon le quotidien britannique Financial Times, les grands argentiers du G7 devaient discuter « d'une éventuelle libération conjointe de pétrole provenant des réserves coordonnées par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ».
L'AIE, créée en 1974 après le premier choc pétrolier, impose à sa trentaine de pays membres de détenir en permanence des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d'importations nettes de pétrole, afin d'amortir des chocs comme un conflit au Moyen-Orient qui viendrait à durer.
La France détient 118 jours de stocks, a précisé Bercy lundi à l'AFP.
Au Japon, membre de l'AIE, le quotidien Nikkei a rapporté que les autorités avaient demandé aux détenteurs de stocks, de l'ordre de 400 millions de barils en décembre (environ 254 jours de consommation domestique), de se préparer à les libérer. Le gouvernement a dit lundi qu'aucune décision n'avait été prise.
A Bruxelles, la Commission européenne a indiqué lundi qu'il n'y avait pas de risque de « pénurie imminente d'approvisionnement en pétrole en Europe ».
« Tous les Etats membres doivent disposer de stocks d'urgence pour 90 jours. (...) Les Etats membres devront informer la Commission lorsqu'ils libèrent ces stocks. A notre connaissance, aucun Etat membre ne l'a fait pour l'instant », a déclaré une porte-parole.
La France, qui préside cette année le G7, avait annoncé mercredi l'organisation d'une réunion des grands argentiers et banquiers centraux de ces pays.
« On va échanger, on va écouter ce qui remonte du terrain », avait expliqué Roland Lescure, en précisant qu'il s'agissait aussi d'« évaluer éventuellement les réponses nécessaires » à la guerre au Moyen-Orient.
Premières restrictions en Asie
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a répété depuis une semaine que « 2026 n'est pas 2022 », année qui avait vu le démarrage d'une période inflationniste liée à la guerre en Ukraine.
Mais les investisseurs s'inquiètent des perturbations de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, bloqué depuis plusieurs jours et par où transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux.
Les pays asiatiques en particulier souffrent déjà de l'envolée des cours des hydrocarbures.
La Birmanie et le Bangladesh ont annoncé de premières restrictions, tandis que le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a suggéré de lever les sanctions sur le pétrole russe pour « créer de l'offre ».
La République islamique d'Iran, attaquée par les Etats-Unis et Israël il y a dix jours, poursuit ses frappes contre Israël et les infrastructures de ses voisins du Golfe, riches en hydrocarbures et qui abritent des bases militaires américaines.
















