Les rendements des emprunts des États de la zone euro s'emballaient jeudi sur le marché de la dette après que la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses prévisions d'inflation et préparé à une possible forte hausse des taux en septembre.

« Les anticipations d'inflation sont plus élevées qu'attendu, ce qui inquiète beaucoup les marchés et explique la hausse des taux longs », explique à l'AFP Guillaume Truttmann, gérant obligataire chez Meeschaert Amilton.

La BCE, qui a l'intention de relever en juillet les taux directeurs de 25 points de base, soit 0,25 point de pourcentage, a nettement relevé jeudi ses prévisions d'inflation jusqu'en 2024.

Pour la zone euro, l'institution s'attend désormais à une inflation de 6,8% en 2022, qui devrait ensuite s'assagir à 3,5% en 2023 mais rester avec 2,1% en 2024 toujours au-dessus de son objectif des 2%.

Conséquence : « le marché anticipe désormais entre 5 et 6 hausses de taux cette année contre deux il y a quelques semaines », observe Guillaume Truttmann.

La BCE a prévenu que « si les perspectives d'inflation à moyen terme persistent ou se détériorent », une augmentation plus importante des taux, supérieure à 25 points, « sera appropriée lors de la réunion de septembre ».

Une hausse de 0,5% en septembre ?

En annonçant que « la hausse de septembre serait calibrée en fonction de l'évolution de l'inflation, la BCE laisse la porte ouverte à une hausse de 50 points de base en septembre », décrypte M. Truttmann.

La BCE a aussi confirmé l'arrêt des mesures de soutien monétaire en mettant fin à des années de rachats d'actifs le 1er juillet, un préalable avant de relever ses taux dont ce sera la première hausse depuis mai 2011.

Ces annonces étaient intégrées par le marché.

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L'arrêt par la BCE des achats d'obligations d'Etats « notamment périphériques, les plus endettés, les plus fragiles » fait que « les écarts de rendements entre l'Allemagne et l'Italie progressent fortement », souligne l'expert.

Vers 13H10 GMT, le rendement allemand à 10 ans (« Bund »), considéré comme le plus solide, montait de 9 points de base à 1,45%. Son pendant français a franchi les 2%, un seuil pas atteint depuis 2014.

Celui de l'Italie de même échéance grimpait de 24 points de base à 3,61%. A l'été 2021, il était encore à 0,50%.

Cette explosion des taux d'emprunts va se traduire par un coût d'endettement supplémentaire des Etats.