La Banque de France estime que la poussée actuelle de l'inflation n'est que temporaire en France et dans la zone euro et s'explique par un phénomène de rattrapage après le choc économique de 2020, dans une note publiée lundi.

« Après un point haut » lié à l'augmentation des prix industriels et de l'énergie, « l'inflation reviendrait en dessous de 2% dans le courant de 2022 », écrivent les auteurs de cette note. En septembre, l'inflation a atteint 2,7% sur un an en France, selon l'indice des prix harmonisé construit pour permettre les comparaisons au niveau européen.

Selon cette note, ce « redressement » de l'inflation est notamment le fait d'une « normalisation après sa forte baisse de 2020 », lorsque les prix de l'énergie et des services avaient chuté du fait du plongeon de l'activité avec la crise sanitaire. Pour corriger cet effet, les auteurs de la note ont étudié le glissement sur deux ans de l'inflation. Ainsi, au troisième trimestre 2021, l'inflation a progressé « seulement de 1,3% en rythme annualisé depuis le troisième trimestre 2019, soit un rythme proche de la tendance pré-Covid ».

Les prix de l'énergie attendus en recul à partir du 2e trimestre 2022

Les auteurs de la note estiment que la hausse de l'inflation restera temporaire à moyen terme. D'abord parce que les prix de l'énergie, notamment du gaz, sont attendus en recul à partir du 2e trimestre 2022, « passée la forte demande liée à la reconstitution des stocks et à la saison hivernale », même s'ils n'excluent pas que les tensions sur les prix puissent se prolonger « un peu plus longtemps ». Par ailleurs, les tensions sur les prix industriels liées à la reprise rapide de l'économie mondiale devraient eux aussi s'estomper progressivement.

« Une tendance légèrement ascendante »

« L'inflation reviendrait sur une tendance légèrement ascendante tout en restant en deçà de 2% à l'horizon 2023 », prévoient les auteurs. Car le niveau des prix devrait tout de même être poussé par « une seconde dynamique » plus « graduelle », à savoir une hausse des salaires du fait du bon niveau de l'emploi.

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L'ampleur de ce mouvement dépendra du niveau de marge des entreprises, actuellement élevé, estime la Banque, et des anticipations d'inflation des ménages et des entreprises. Actuellement, celles-ci restent inférieures à 2%.

« Ce qu'on voit actuellement, c'est plutôt un coup de vent, une rafale, plutôt que le début d'un vent fort persistant », a résumé Olivier Garnier, directeur général de la Banque de France, lors d'un point de presse lundi.