Le groupe mutualiste Covéa et son patron Thierry Derez ont été condamnés à verser environ 20 millions d'euros au réassureur Scor pour avoir utilisé des informations confidentielles dans le but de le racheter en 2018, a décidé le tribunal de commerce de Paris.

Thierry Derez, jugé coupable d'avoir commis des fautes « en violant les engagements qu'il avait contractés » à l'égard de Scor en tant qu'administrateur, et « relatifs aux conflits d'intérêts, à la confidentialité et à la loyauté » a été condamné à verser 479 376 euros, majorés des intérêts, au groupe, selon le jugement publié mardi. Il a en outre été condamné, avec Covéa, à payer 19,6 millions d'euros à Scor.

Le Tribunal a ainsi jugé que Covéa Sgam (structure regroupant les enseignes Maaf, MMA et GMF) et Covéa Coopérations (la holding qui contrôle l'ensemble des sociétés opérationnelles du groupe) ont été « complices des fautes commises par Thierry Derez ».

Covéa muette ce 10 novembre

Contacté par l'AFP, Covéa n'avait pas encore réagi, tandis que Scor a indiqué avoir accueilli « favorablement » la décision. Covéa, premier actionnaire de Scor avec un peu plus de 8% du capital, avait proposé à la fin de l'été 2018 au réassureur de le racheter.

Scor avait toutefois sèchement rejeté cette proposition et décidé quelques mois plus tard de porter l'affaire devant la justice en poursuivant Covéa et son patron Thierry Derez, qui siégeait jusqu'à la fin 2018 au conseil d'administration de Scor.

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Si, entretemps, Covéa a jeté l'éponge et renoncé à acquérir Scor, cela n'a pas suffi à refroidir les ardeurs du réassureur qui a jusqu'à présent maintenu ses poursuites contre Thierry Derez pour « abus de confiance » et contre Covéa pour « recel d'abus de confiance ». Un autre procès, au pénal, doit se tenir à l'été 2021, et un troisième est prévu à Londres en juin contre Barclays, banque conseil et de financement de Covéa.