Le gouvernement a promis mardi d'engager des poursuites contre les entreprises et les contribuables français cités par les « Paradise Papers » dans le cas où les pratiques épinglées relèveraient d'une « infraction » vis-à-vis des règles fiscales en vigueur.

« Il faut faire la différence entre les optimisations fiscales qui ont une base légale (...) et les infractions », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, lors de son compte-rendu du Conseil des ministres. « S'il y avait des infractions, évidemment elles seront toutes immédiatement poursuivies », a-t-il ajouté, avant de rendre hommage à l'action engagée contre l'évasion fiscale sous le quinquennat Hollande.

Interrogé à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a confirmé que les « entreprises françaises » et les « contribuables français », en cas de révélation, feraient l'objet de « contrôles » et de « poursuites » en cas de faits « avérés ». « La fraude est un acte de délinquance face à la République », a déclaré le ministre, en rappelant être favorable à une déchéance automatique des droits civiques dans certains cas de fraude fiscale. Certains députés de La République En Marche souhaitent automatiser cette déchéance en cas de condamnation pour fraude fiscale aggravée. Un amendement en ce sens devrait être débattu dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2018.

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Sur Twitter, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, présent à une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles, consacrée notamment aux questions fiscales, a assuré que l'« engagement » du gouvernement contre l'évasion fiscal était « total ». « L'évasion fiscale n'est pas seulement une perte de recettes fiscales pour l'Etat : c'est une attaque contre la démocratie », a-t-il déclaré, en assurant que cette question dépassait les « clivages politiques ».