L'Autorité des marchés financiers (AMF) a réclamé vendredi une sanction historique de 35 millions d'euros contre la société de gestion Natixis Asset Management pour des « manquements graves » à ses obligations, avec en particulier des prélèvements indus sur certains de ses fonds.

Le représentant du collège de l'AMF a jugé lors d'une séance de la commission des sanctions que l'affaire était d'autant plus « grave » que Natixis Asset Management était « un des plus gros gestionnaires d'actifs » et que cela portait donc « préjudice à l'intégrité de la place financière » de Paris.

Les griefs portent principalement sur des commissions de rachats appliquées à des porteurs qui souhaitaient récupérer une partie des liquidités avant l'échéance des fonds souscrits. En la matière, l'information a été « parcellaire », ce qui a conduit « de facto à tromper les porteurs de fonds » avec des « prélèvements indus », a estimé le représentant du collège de l'AMF.

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« Plus importante sanction jamais prononcée »

« Il n'y a aucun doute que ces commissions de rachats bénéficiaient à Natixis AM », en contradiction avec ce qui figurait dans le prospectus de présentation du fonds, a-t-il ajouté, jugeant « particulièrement choquant » le fait que les principes fondateurs de la gestion d'actifs aient ainsi été remis en cause. Le représentant du collège de l'AMF a précisé que si la commission suivait ses recommandations, il s'agirait de la « plus importante sanction jamais prononcée » par cette dernière.