La Bourse de Paris, comme ses voisines européennes, devrait entamer 2017 sur des bases solides après un mois de décembre qui l'a vue retrouver des sommets perdus de vue depuis un an, achevant l'année sur une note positive.

Adieu 2016, année chaotique : après le Brexit, les élections américaines et le référendum italien, l'événement principal de la rentrée sera l'investiture du nouveau président américain Donald Trump le 20 janvier. « Cela donnera le la en terme de politique économique », commente auprès de l'AFP Xavier Chapon, directeur de la gestion chez AAIS.

Les marchés attendent d'en savoir plus sur le programme du nouveau président américain, notamment sur la mise en place d'un vaste plan de relance budgétaire, susceptible de favoriser une reprise de l'inflation. « Il reste des points d'incertitudes d'ordre politique, cela peut créer de la volatilité », remarque Gilles Guibout, gérant actions Europe chez AXA IM.

L'attente des chiffres du chômage

Mais en attendant ce rendez-vous, les investisseurs scruteront la semaine prochaine les statistiques à la recherche d'indications sur l'état de l'économie mondiale. A l'agenda notamment, la publication des chiffres du chômage mais aussi l'indice d'activité dans le secteur des services en décembre aux États-Unis. « Nous attendons des chiffres d'emploi et d'activité en amélioration, que ce soit aux États-Unis comme en zone euro. Le marché espère désormais une confirmation de la reprise », relève Xavier Chapon. « Si nous avons de mauvaises statistiques, cela pourrait faire réagir le marché, remettant en question le cycle de hausse des taux [sur le marché obligataire, NDLR] qui vient d'être entamé », explique également Gilles Guibout.

Au Royaume-Uni, les opérateurs prendront par ailleurs connaissance des données sur les ventes de voitures neuves dans le pays pour décembre et donc pour l'ensemble de l'année écoulée. La Bourse de Londres, qui a battu plusieurs fois son record historique de clôture lors de la semaine écoulée, pourrait entamer cette rentrée prudemment, scrutant tout particulièrement les valeurs minières, qui ont tiré la cote vers le haut ces derniers jours.

Toujours des craintes concernant l'Italie

Également au programme de cette toute première semaine de 2017, les chiffres du chômage et de l'inflation en décembre en Allemagne, ainsi que le volume de commandes passées en novembre à l'industrie allemande. Avec ces indicateurs, la Bourse de Francfort tentera de repartir de l'avant, alors que son indice vedette Dax évolue à un peu moins de 1.000 points de ses records historiques atteints au printemps 2015.

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Les nouvelles potentielles sur les banques italiennes seront un autre thème majeur des prochains jours, après avoir représenté la seule actualité de la semaine écoulée. La question de la survie de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena (BMPS), dont le plan de sauvetage a été estimé à 8,8 milliards d'euros par la Banque centrale européenne, a en effet inquiété les investisseurs quant à la santé du système bancaire de la péninsule, l'un des plus fragiles d'Europe, qui ploie sous des milliards de créances douteuses. « Les problèmes ne sont pas levés, nous risquons d'avoir encore de la volatilité sur le secteur », souligne Xavier Chapon, , directeur de la gestion chez AAIS.

« Le marché va redémarrer tout de suite » en janvier

Néanmoins, pour Gilles Guibout, de AXA IM, « il y a un peu de résolution en fin d'année (...) L'annonce de la nationalisation partielle de Monte Paschi est fondamentale ». Selon le plan de l'exécutif italien, le Trésor public deviendra en effet le principal actionnaire de la BMPS.

Dans ce contexte animé, la cote parisienne va en tout cas sortir de la torpeur dans laquelle elle s'est enfoncée lors de l'une des semaines les plus calmes de l'année. « Il y a eu une belle trêve, mais le marché va redémarrer tout de suite », prévient Xavier Chapon.