Le dirigeant de la Société Générale Frédéric Oudéa, dont le témoignage devant des sénateurs est contesté suite aux Panama Papers, a affirmé mardi à la présidente de la commission des Finances du Sénat Michèle André (PS) qu'il avait « répondu avec la plus totale sincérité ».

« Je lui ai dit que j'avais répondu avec la plus totale sincérité à toutes les questions de la commission d'enquête du Sénat d'avril 2012 et que je serais heureux d'apporter toutes les explications et informations relatives aux révélations récentes de la presse à l'ensemble des membres de la Commission des finances du Sénat selon la procédure et le cadre décidé par le Sénat », a déclaré à l'AFP et à Public Sénat Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, à l'issue d'un entretien d'environ une heure avec Michèle André.

La semaine dernière, le rapporteur de la commission d'enquête sur l'évasion fiscale, Éric Bocquet (Communiste, républicain et citoyen, CRC), avait annoncé que son groupe allait « saisir le bureau du Sénat » ce qui pourrait donner lieu à des poursuites contre Frédéric Oudéa pour faux témoignage. « A l'évidence, les informations qui nous parviennent cette semaine contredisent fondamentalement » les déclarations qu'avait faites en 2012 sous serment le dirigeant de la SocGen devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux, avait-il dit.

La lutte contre l'évasion fiscale produit des résultats

« La commission des Finances du Sénat s'est investie dans le suivi de la mise en œuvre des règles internationales en matière de lutte contre la fraude et l'évasion fiscale », a déclaré de son côté Michèle André. « Ce combat contre la fraude et l'évasion fiscale produit des résultats, puisque aujourd'hui la taxation des contribuables qui se mettent en règle rapporte environ 2 milliards d'euros par an. Je ne souhaite pas que ce combat soit fragilisé et j'ai souhaité que la commission des Finances exerce sa mission de contrôle pour comprendre ce qui se passe à la suite des récentes révélations dans les médias, et identifier d'éventuelles lacunes juridiques qu'il faut combler », a ajouté la sénatrice du Puy-de-Dôme.

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« J'ai souhaité recevoir aujourd'hui Frédéric Oudéa pour préparer la rencontre qui aura lieu à la commission des finances à l'occasion d'une audition publique début mai », a poursuivi Michèle André. « La rencontre d'aujourd'hui constitue un préambule à un cycle d'auditions que nous organiserons en mai », a-t-elle ajouté. Elle a indiqué que seront auditionnées « des personnes qui peuvent nous apporter un témoignage utile », en citant l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et des ONG telles que Transparency International.

Bocquet : « cette audition ne saurait suffire »

« Cette audition ne saurait suffire à la manifestation de la vérité, les propos du PDG de la banque avaient été tenus en avril 2012 sous serment devant les membres de la commission d'enquête, la déclaration de 33 secondes faite par Frédéric Oudéa (...) n'est pas la réponse au problème posé », a réagi Eric Bocquet dans un communiqué.

La rencontre de ce jour « ne saurait être à considérer en aucun cas comme l'aboutissement des initiatives prises » par le président de la commission d'enquête, Philippe Dominati (Les Républicains) et lui-même la semaine dernière, ajoute dans un communiqué l'élu du Nord. Philippe Dominati et Eric Bocquet avaient alors saisi le bureau du Sénat.