Le procès civil en appel de l'ex-trader Jérôme Kerviel sur les responsabilités dans la perte de 4,9 milliards d'euros subie par Société générale en 2008, se déroulera du 20 au 22 janvier, a décidé mercredi la cour d'appel de Versailles.

Jean, veste noire et chemise rose, Jérôme Kerviel s'est présenté à cette audience technique, souriant et décontracté. A la sortie, il a expliqué qu'il aborderait « très serein », ce nouveau procès, prévu huit ans quasiment jour pour jour après l'annonce de la perte enregistrée par son ancien employeur. « J'ai hâte d'y être, on est toujours aussi combatifs », a déclaré à l'AFP M. Kerviel au côté de son avocat, Me David Koubbi, à la sortie de la cour d'appel.

En mars 2014, la Cour de cassation avait confirmé la condamnation pénale de l'ex-trader à 5 ans d'emprisonnement dont 3 ferme, mais annulé les 4,9 milliards de dommages et intérêts auxquels il avait été condamné. La plus haute juridiction française avait renvoyé le volet civil de l'affaire devant la cour d'appel de Versailles. L'ancien trader considère que l'estimation de la perte, soit 4,9 milliards d'euros, fournie par la banque, repose sur des assertions de Société Générale qui n'ont jamais pu être vérifiées.

Sa demande d'une expertise indépendante des pertes subies en janvier 2008 par la banque a été rejetée en janvier par la cour d'appel de Versailles. « L'enjeu de ce procès, c'est d'établir les fautes que Société générale a commises », a résumé Me Koubbi, regrettant qu'il ne se déroule « sans expertise ». « C'est très important de ne pas regarder dans les comptes de Société générale », a-t-il ironisé. L'avocat de la banque, Me Jean Veil, n'a pas souhaité s'exprimer.

Jerôme Kerviel, devenu le symbole des dérives de la finance, a été reconnu coupable d'avoir dissimulé - en introduisant de fausses données dans un système automatisé - ses prises de risques sur des produits financiers dérivés, entraînant une perte abyssale pour la banque française.

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Libéré le 9 septembre après 112 jours de détention, Jérôme Kerviel effectue aujourd'hui sous bracelet électronique le solde de sa peine d'emprisonnement. Il est désormais employé d'une petite société informatique.