Le gouvernement a présenté mercredi un projet de budget d'austérité pour 2012, qui fait du respect des engagements de réduction du déficit public de la France un objectif "intangible", mais reconnaît que les "turbulences" de la crise peuvent encore faire dérailler la croissance.

Le déficit public (Etat, collectivités locales, Sécurité sociale) doit passer de 5,7% du Produit intérieur brut (PIB) cette année à 4,5% l'an prochain puis 3%, le plafond fixé par les traités européens, en 2013. Le déficit refluera à 2% en 2014 et, pour la première fois, le gouvernement s'engage à le ramener à 1% en 2015.

L'amélioration des comptes publics en 2012 passera notamment par un recul du déficit du budget de l'Etat, attendu à 81,8 milliards d'euros après 95,5 milliards cette année, selon le projet de loi de finances présenté en Conseil des ministres.

La dette, premier poste budgétaire

En revanche, la dette publique de la France sera plus élevée que prévu, notamment en raison de l'aide aux Etats fragiles de la zone euro (Grèce, Portugal, Irlande). Déjà attendue à un niveau record de 85,5% du PIB cette année, elle culminera à 87,4% en 2012, soit un demi-point de plus que la précédente estimation. Elle entamera un timide reflux en 2013, à 87,3%, pour ensuite descendre à 86,2% en 2014 et 84,1% en 2015.

La charge de la dette, c'est-à-dire les intérêts que l'Etat verse à ses créanciers, devient, à 48,8 milliards d'euros, le premier poste du budget de l'Etat, devant l'enseignement scolaire (45,5 milliards, hors pensions).

1,75%, une prévision de croissance trop optimiste

Pour asseoir ses engagements, la France avait déjà revu à la baisse sa prévision de croissance économique pour cette année et l'an prochain, à 1,75%. Mais l'objectif est jugé encore optimiste par nombre d'économistes. Le gouvernement reconnaît lui-même que seule une « dissipation des turbulences actuelles permettrait d'atteindre une croissance de 1,75% en 2012 », laissant la porte ouverte à une nouvelle révision ultérieure à la baisse.

Selon lui, l'« enchaînement de mauvaises nouvelles » de l'été, avec le « ralentissement aux Etats-Unis », et les « tensions sur les marchés des dettes souveraines » sont autant de « turbulences » susceptibles d'« alimenter l'attentisme des ménages et des entreprises ».

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Plus que jamais, la croissance de l'économie hexagonale sera plombée par un déficit commercial qui va de record en record: 73,8 milliards d'euros l'an prochain, après 73,1 milliards attendus cette année, un niveau qui dépasse déjà de près de 17 milliards le précédent record établi en 2008. L'estimation pour cette année est revue en nette hausse par rapport au déficit de 47,6 milliards prévu il y a un an à la même époque.

De son côté, l'inflation devrait ralentir à 1,7% en 2012, après une progression de 2,1% des prix à la consommation hors tabac en 2011.

Les prélèvements obligatoires en hausse

La chasse aux niches fiscales et la création de nouvelles taxes, un des principaux axes du redressement des finances publiques, fera grimper plus que prévu le taux de prélèvements obligatoires. Il dépassera dès cette année, à 43,7% du PIB, son niveau du début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, et continuera à croître, à 44,5% en 2012. Il devrait atteindre le niveau record de 45,4% du PIB en 2015.

Le chef de l'Etat avait pourtant promis, avant son élection, de réduire de quatre points de pourcentage le taux de prélèvements obligatoires, insistant sur le fait qu'il était, à 43,2% en 2007, plus élevé en France que chez ses partenaires européens.