L'inflation va continuer de guider l'évolution des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que sa politique en faveur des banques de la zone euro, a déclaré mardi son chef économiste Jürgen Stark

« La BCE va ajuster sa politique de taux d'intérêt et sa mise à disposition de liquidités (en faveur des banques) à un rythme et un degré proportionnel à l'évolution des risques pour la stabilité des prix », a-t-il dit devant l'Institut de régulation et risques à Hong Kong.

Alors que la BCE vient de décider une hausse de ses taux d'intérêt d'un quart de point, portant son principal taux directeur à 1,25%, les marchés et les économistes s'attendent à d'autres relèvements d'ici la fin de l'année, portant le taux à 1,75% voire 2%, sur fond de montée des prix en zone euro.

Jürgen Stark a toutefois une nouvelle fois souligné qu'il n'y avait pas de lien entre les mesures vis-à-vis des banques et la politique de taux. « Il n'y a pas d'étapes pré-déterminées entre leur abandon progressif et la sortie d'une politique de taux d'intérêt très bas. Les mesures non-conventionnelles peuvent en fait coexister avec n'importe quel niveau de taux ». La BCE avait décidé le mois dernier la poursuite de la mise à disposition de liquidités à taux fixe et montants illimités pour les banques jusqu'en juillet, alors que certains analystes estiment que ce n'est pas cohérent avec une augmentation de ses taux.

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Autorités monétaires: Prêter à des institutions solvables

Tout en soulignant que la crise avait montré que les banques centrales avaient à leur disposition des « instruments puissants pour répondre efficacement à des situations extraordinaires », Jürgen Stark a souligné qu'il ne fallait toutefois pas poursuivre l'expérience indéfiniment, appelant une nouvelle fois les responsables politiques à leurs responsabilités. « La politique monétaire, même en temps de crise et surtout en temps de crise, consiste à prêter temporairement à des institutions solvables. Prêter à des institutions avec des problèmes structurels de financement et de capitaux propres est du ressort de l'autorité budgétaire », a-t-il dit avant d'insister: « On ne doit pas attendre des autorités monétaires qu'elles résolvent des problèmes situés bien au-delà de leurs attributions officielles ».