Dans un entretien lundi au journal Le Monde, l'économiste américain Nouriel Roubini estime que les pays européens devraient sans doute augmenter la taille de leur Fonds de secours pour les pays en difficulté s'ils veulent éviter un éclatement de la zone euro. Il est également sévère sur la politique économique de la France.

Selon Nouriel Roubini, mondialement connu comme un pessimiste, plusieurs scénarios sont possibles à moyen terme concernant la crise de la zone euro. « Le premier, idéal, serait que l'aide apportée par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) parvienne à résoudre les problèmes et à calmer les marchés. C'est possible même si à mon sens il faudra sans doute remettre encore de l'argent sur la table ». La chancelière allemande Angela Merkel a répété vendredi que le fonds disposait pour l'instant de suffisamment de réserves alors que certains réclament son augmentation. Le dispositif temporaire créé au printemps prévoit au total 750 milliards de prêts ou garanties pour des prêts.

Eclatement nécessaire ?

Second scénario, selon Nouriel Roubini: celui d'une intégration fiscale plus approfondie au sein de la zone pour « résoudre structurellement les problèmes ». « Mais cela nécessiterait que certains pays abandonnent une partie de leur souveraineté ce qui semble délicat notamment pour l'Irlande ou l'Allemagne ».

Enfin, « la troisième option est celle d'une restructuration des dettes souveraines de pays en difficulté », qui pourrait obliger certains pays à quitter l'euro et « conduirait à un éclatement de la zone ». Or pour Nouriel Roubini, restructurer la dette peut être la « meilleure solution pour alléger la charge de certains pays ».

Frais bancaires : jusqu'à 259 € d'économies grâce à notre comparateur

La France comme l'Espagne ou le Portugal

L'économiste, qui a jugé les finances françaises en aussi mauvais état que celles de l'Espagne ou du Portugal, a par ailleurs estimé que les réformes structurelles promises par le président Nicolas Sarkozy n'avaient « pas été faites ». La dette de la France, qui n'a jusqu'ici pas été attaquée par les marchés, « pourrait un jour inquiéter les investisseurs », a-t-il ainsi jugé.

Quant aux Etats-Unis, si « la reprise est en marche », la croissance y reste « trop faible », a-t-il estimé.