La reprise économique de la France peut être "solide" à condition qu'elle réforme les retraites et le marché du travail et qu'elle réduise le déficit, y compris en augmentant certains impôts, a affirmé vendredi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

« La France est bien placée pour assurer une reprise solide à la suite de la crise économique, à condition qu'elle redresse ses finances publiques en opérant des coupes dans les dépenses et en réformant son système de retraites », affirme le secrétaire général de l'organisation Angel Gurria. « Des réformes structurelles supplémentaires sont nécessaires », ajoute-t-il dans la présentation du rapport, évoque notamment une refonte « vitale » du marché du travail: « le coût du travail doit être réduit, et les taux d'emploi parmi les travailleurs âgés et les jeunes peu qualifiés doivent être accrus ».

Sur le plan des déficits, si les mesures annoncées jeudi par le président Nicolas Sarkozy sont « tout à fait bienvenues », une « stratégie de moyen terme » doit « incorporer des mesures pour accroître les recettes et d'autres pour réduire les dépenses », selon M. Gurria.

Augmenter les prélèvements obligatoires

Autrement dit, certains prélèvements obligatoires peuvent aussi être augmentés, contrairement à la position défendue par le gouvernement. L'OCDE évoque ainsi « l'accroissement des prélèvements sur la propriété, sur les biens et services qui bénéficient de taux réduits de TVA, et les émissions de carbone ».

Selon l'organisation qui réunit les principaux pays riches de la planète, ces mesures auraient un impact « moins fort » sur la croissance économique. Or, insiste Angel Gurria, « les mesures pour réduire le déficit public en France devront être prises avec précaution, compte tenu de la fragilité de l'économie globale ».

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L'OCDE estime que les réformes structurelles, « en renforçant le potentiel de croissance », sont « l'unique voie » pour répondre « au défi d'avoir simultanément à alimenter une reprise fragile et à se diriger vers une trajectoire budgétaire plus soutenable ».

« Le succès de la réforme du secteur financier et des finances publiques conditionnera le retour à la confiance dans le secteur privé, sans lequel il sera difficile d'obtenir une reprise conjoncturelle rapide, puis une expansion durable », affirme encore l'organisation.

Le rapport, intitulé « Pour une croissance forte et soutenable », devait être présenté vendredi par Angel Gurria à la commission pour la libération de la croissance présidée par Jacques Attali.