Le marché interbancaire se stabilisait lundi après l'annonce d'un plan de secours historique des pays de l'Union européenne pour aider les Etats les plus fragiles de la zone euro et de mesures exceptionnelles adoptées par les banques centrales dans le monde.

Le taux interbancaire de référence à échéance trois mois, offert à Londres et libellé en dollars, le Libor, a légèrement reculé à 0,4212%, contre 0,4281% vendredi. C'est le premier recul qu'il enregistre depuis plus de six semaines. En progression régulière depuis début avril, le Libor était ressorti à 0,3735% jeudi avant de bondir vendredi pour atteindre son plus haut niveau depuis mi-août 2009.

De son côté, l'Euribor à 3 mois, l'un des principaux taux de référence du marché monétaire de la zone euro, est resté stable lundi, ressortant à 0,682%, soit le même niveau que vendredi, après six semaines de hausse continue.

La tension des taux interbancaires reflétait les inquiétudes grandissantes quant à l'exposition des banques européennes détentrices de dette souveraine des pays jugés les moins solvables de la zone euro. Les établissements financiers se montraient moins enclins à prêter des fonds à leurs homologues, le risque encouru se voyant compensé par un taux plus élevé.

Les banques centrales à la rescousse

Désireux d'apaiser les tensions des marchés, les pays de l'Union européenne ont dévoilé dans la nuit de dimanche à lundi un vaste mécanisme de secours pouvant aller jusqu'à 750 milliards d'euros pour aider les pays de la zone euro en difficulté. Parallèlement, la plupart des grandes Banques centrales dans le monde, dont la Banque centrale européenne (BCE), ont décidé de concert de « réactiver » des mécanismes d'échanges (swap) de devises entre elles pour améliorer les conditions de liquidités sur les marchés de financement en dollars américains.

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La BCE a de surcroît annoncé des « interventions » sur le marché obligataire de la zone euro dès lundi matin, la Bundesbank et la Banque de France ont commencé l'achat d'obligations d'Etat européens. Les mesures annoncées « permettent à la BCE d'agir de manière à procurer des liquidités à n'importe quelle banque de la zone euro qui éprouverait des difficultés à se financer en euros ou en dollars », observent les économistes de Crédit Suisse. « Ces opérations de refinancement étant en pratique illimitées, elles devraient selon nous résoudre tous les problèmes de liquidités à court terme », ajoutent-ils.