Les craintes d'une contagion aux banques, de la crise de la dette des Etats a entraîné vendredi de nouvelles tensions sur le marché interbancaire, signe que les banques ne se prêtent plus avec la même confiance qu'il y a quelques semaines.

Le taux interbancaire de référence à échéance trois mois libellé en dollars, le Libor, a bondi vendredi à 0,4281%, contre 0,3735% la veille, soit son plus haut niveau depuis mi-août 2009. Les titres des grandes banques européennes étaient durement sanctionnés par les marchés vendredi, autre symptôme des inquiétudes sur l'exposition de ces établissements à la crise de la dette des pays méditerrannéens.

Jeudi, l'agence de notation financière Moody's a mis en garde contre ce risque, faisant état de craintes quant aux systèmes bancaires du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, de l'Irlande et du Royaume-Uni.

Le cas de l'Irlande et de l'Italie

« Ce qui peut nourrir des inquiétudes sur une escalade au niveau mondial de cette crise née en Grèce, c'est le fait que les banques européennes se retrouvent sous pression », a déclaré le directeur général du géant de la gestion obligataire Pimco Mohamed El-Erian sur la chaîne d'information financière CNBC. « S'il n'y a que la Grèce ou même le Portugal qui sont touchés, ce n'est pas inquiétant » pour les banques européennes, « mais s'il y a aussi l'Irlande et l'Italie, la situation prend un tour très laid », a commenté un analyste sous couvert d'anonymat.

Des inquiétudes basées sur un sentiment de marché

Pour l'instant, néanmoins, les analystes estiment que les inquiétudes sont davantage basées sur un sentiment de marché que sur des éléments tangibles. « A ce stade, c'est plutôt théorique », juge ainsi un autre analyste.

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Pour celui-ci, si aucun Etat ne fait défaut sur sa dette ou ne demande officiellement une restructuration, les banques n'ont pas à craindre pour leur stabilité financière à court terme. « Les banques européennes, notamment les françaises, sont très bien capitalisées aujourd'hui, donc je ne crois pas que la baisse des prix des obligations d'Etat puisse à elle seule les forcer à lever des fonds », considère t-il.