Les aides à la presse de l'Etat ne seront accessibles qu'aux médias employant des journalistes professionnels, a précisé jeudi le ministère de la Culture.

« Les critères d'éligibilité aux aides à la presse ne comportaient pas jusque-là d'exigence relative à la présence de journalistes au sein des rédactions », rappelle le ministère dans un communiqué. Le décret paru au Journal officiel jeudi « introduit, dans les critères d'accès aux aides fiscales et postales, l'exigence, pour les journaux, de présenter un contenu original composé d'informations ayant fait l'objet d'un traitement à caractère journalistique ».

Il peut provenir des grossistes en information que sont les agences de presse. Et ce contenu « doit être réalisé par une équipe rédactionnelle composée de journalistes professionnels ».

Science et Vie et FranceSoir dans le viseur

Le décret devrait empêcher les aides à des titres vidés de leur rédaction pour publier des contenus non journalistiques, essentiellement publicitaires.

Le projet présenté début 2021 au magazine Science et Vie, racheté par le groupe français Reworld Media, de reposer sur des « chargés de contenu » avait ainsi suscité l'inquiétude de la profession. Reworld a maintenu au moins un journaliste, un rédacteur en chef nommé en mai.

Une autre polémique a concerné FranceSoir, média en ligne conservant le nom d'un prestigieux quotidien disparu, France-Soir, et accusé de relayer des thèses complotistes. FranceSoir répond aux critères en reprenant des dépêches d'agences dont l'AFP. Et lors du dernier examen en date de son éligibilité, conclu en avril, « la preuve a été apportée de la présence de deux journalistes permanents et quatre pigistes », soulignait le ministère de la Culture.

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Le premier syndicat de la profession, le Syndicat national des journalistes, déplorait que FranceSoir participe à « la diffusion de fausses informations et de thèses complotistes ». Mais FranceSoir avait répondu ne toucher « aucune aide à la presse », ce que confirmait le ministère de la Culture.

Près de 120 millions d'aides en 2022

Le statut de journaliste professionnel est défini par le Code du travail : il faut tirer l'essentiel de ses revenus d'une activité, rémunérée par un ou plusieurs médias, de traitement de l'information.

Le projet de budget 2022 prévoyait 116,9 millions d'euros de soutien du ministère de la Culture d'aides à la presse. Dans un décret le 17 décembre, ce ministère avait par ailleurs présenté une nouvelle aide de 4 millions d'euros par an « au pluralisme des services de presse tout en ligne d'information politique et générale ».