La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a assuré jeudi que « le travail est en cours » sur le futur « revenu d'engagement » pour les jeunes, alors que la réforme, annoncée en juillet par Emmanuel Macron pour « la rentrée » se fait attendre, suscitant des inquiétudes.

Interrogée sur BFM Business sur l'absence dans le projet de budget de cette disposition qui vise à accompagner ceux qui n'ont ni emploi ni formation et qui, en échange d'un engagement, recevront un revenu (autour de 500 euros maximum), Elisabeth Borne a affirmé qu'« il a toujours été prévu que ça ne serait pas dans la version initiale mais introduit par amendement » lors des débats au Parlement.

« C'est un gros chantier, le travail est en cours. Le président de la République nous a demandé de mener ce travail, la situation reste insatisfaisante quand on a quasiment deux fois plus de jeunes qui sont ni en emploi ni en formation que dans d'autres pays européens », a-t-elle affirmé. « L'objectif n'est pas un RSA jeune - donner simplement une allocation - mais permettre à chaque jeune de définir son projet professionnel et le mettre en œuvre », a-t-elle ajouté.

Lors d'une réunion à l'Elysée mardi en présence de plusieurs membres du gouvernement, le sujet a été évoqué parmi d'autres, le chef de l'Etat demandant de revoir la copie. Dans l'entourage de la ministre, on indique qu'il faut encore convaincre sur la capacité des opérateurs, tels Pôle emploi ou les missions locales, à pouvoir délivrer rapidement « un véritable accompagnement personnalisé » et « sur la montée en charge du dispositif ».

« Il paraît que Macron hésite »

Bercy freine des quatre fers sur cette réforme, dont le coût a été évalué par le ministère du Travail autour de 2 milliards d'euros par an. Evoquant à la fois le plan d'investissement et le revenu d'engagement, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a observé mercredi que « les circonstances économiques ont changé » depuis l'annonce de ces deux mesures par Emmanuel Macron, évoquant les pénuries de main d'œuvre qui obligent à « réévaluer » le revenu d'engagement.

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Chez les acteurs de l'insertion, qui espéraient les annonces pour fin septembre, Antoine Dulin s'est inquiété auprès de l'AFP des échos de la réunion de mardi dans le contexte où la droite critique une « euphorie dépensière » du chef de l'Etat à sept mois de la présidentielle. Le président de la commission insertion jeunes du Conseil d'orientation des politiques de jeunesse craint « qu'au lieu d'avoir une révolution, on ait un truc a minima, la continuité du plan un jeune, une solution, ou une expérimentation territoriale ».

Le sujet inquiète aussi dans les rangs syndicaux. « Il paraît que Macron hésite. Il paraît qu'il fait des pas en arrière. On me dit qu'il y a des hésitations sur tout le projet », glissait en début de semaine un leader syndical.