Le Fonds monétaire international a salué la réponse des autorités françaises à la crise économique due au Covid-19, mais a alerté sur la « montée forte de l'endettement des entreprises », dans son rapport annuel publié mardi.

A l'issue de sa mission achevée le 13 janvier au titre de l'article IV, le FMI félicite les autorités « pour leur réponse rapide et souple à la crise, qui a permis de soutenir les ménages et les entreprises et de limiter le poids économique de la crise ».

Parmi les mesures relevées, il cite « le renforcement du régime d'activité partielle, l'octroi de subventions aux petites entreprises et aux travailleurs indépendants, ainsi que des garanties publiques pour les prêts bancaires aux entreprises ». Il accorde aussi un satisfecit au gouvernement pour son plan de relance de 100 milliards d'euros, « en particulier pour ses politiques d'investissements verts riches en emplois ».

Le FMI note cependant que les perspectives de croissance restent « très incertaines (...) en raison surtout de l'évolution de la pandémie ». Pour 2021, l'institution basée à Washington table sur un rebond du PIB français de 5,5%, un peu moins que le gouvernement, qui a toutefois prévenu récemment qu'atteindre une croissance de 6% cette année serait « un défi » étant donné les « incertitudes » sanitaires qui perduraient.

Des entreprises trop endettées ?

Toutefois, le FMI souligne « qu'il sera essentiel, pour assurer la reprise économique, de pallier les risques liés à l'insolvabilité des entreprises », relevant « la montée forte de l'endettement des entreprises, due à l'octroi de prêts garantis par l'État » pour un montant de 130 milliards d'euros depuis le début de la crise, et « l'important déficit de fonds propres des entreprises ». A ce sujet, il juge favorablement le mécanisme de prêts participatifs que le gouvernement veut mettre en place pour soutenir les fonds propres des entreprises, sous réserve de l'accord de Bruxelles.

Selon la Banque de France, au second trimestre 2020, le taux d'endettement des entreprises a atteint 84,7% du PIB, un ratio supérieur à la moyenne européenne (67,2%). Parmi les grandes économies, seul le Japon dépasse la France, tandis que ce taux s'élève à 44% en Allemagne, 52% aux États-Unis et 68% en Italie.

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Un risque de ricochet sur les banques

Le Fonds monétaire salue aussi « la résilience du secteur bancaire, qui disposait de coussins confortables lorsque la crise s'est déclarée : cette résilience a facilité l'octroi de crédit à l'économie ». Toutefois, il met en garde contre « de futures défaillances d'entreprises », qui pourraient affecter par ricochet les banques.

Enfin, le rapport relève « les répercussions disproportionnées de la crise sur les travailleurs peu qualifiés et les jeunes », préconisant aux autorités de « poursuivre leur programme de réformes afin de réduire le chômage structurel et de relever le taux d'activité, en particulier des jeunes, à moyen terme ».

« Ce rapport du FMI atteste du fait que nous avons su protéger notre économie et le pouvoir d'achat des Français. Nous avons adapté nos dispositifs de soutien économique, en fonction de la situation sanitaire », a déclaré le ministre de l'Économie Bruno Le Maire dans un communiqué.