Les inégalités de revenu sont moins importantes en France que chez nos voisins européens, à la fois avant et après prise en compte des choix de redistribution via l'impôt et les prestations sociales, montre un rapport publié mercredi par France Stratégie.

Ce sujet est l'objet d'une intense controverse entre économistes sur l'ampleur des inégalités, leur origine et la manière dont les Etats peuvent les réduire. « Notre objectif c'est de clarifier ce débat, de situer le niveau des inégalités en France par rapport aux autres pays, et de voir parmi ces inégalités ce qui vient des inégalités primaires (inégalités de revenus avant redistribution) et ce qui vient de la redistribution », a expliqué Gautier Maigne, directeur du département société et politiques sociales de France Stratégie, lors d'une visioconférence de presse.

Première conclusion de l'étude, qui se base sur des données de 2017 : les inégalités primaires en France sont inférieures de 2% à la médiane européenne et à celles de 19 des 29 autres pays européens analysés (hors Allemagne, non intégrée à l'étude par manque de données). Elle utilise comme critère l'indice de Gini, coefficient qui mesure les inégalités entre 0 et 1, 1 correspondant au niveau maximum d'inégalité. Ces inégalités sont évaluées en comparant les revenus primaires des individus (essentiellement revenus d'activité intégrant les cotisations sociales, retraites, revenus du patrimoine). Ainsi, si en France, le taux de chômage, plus important qu'ailleurs, accroit les inégalités, ce phénomène est compensé par une moindre proportion d'inactifs dans la population en âge de travailler (personnes ne cherchant pas de travail, étudiants, etc.).

Par ailleurs, les mesures de redistribution réduisent davantage les inégalités en France qu'ailleurs en Europe, note France Stratégie. Les prestations sociales en espèces (allocations logements, chômage, etc.) et les prélèvements obligatoires directs sur les ménages (impôt sur le revenu, taxe d'habitation, etc.) jouent un rôle égal. Mais l'impact des volumes redistribués est plus important que le ciblage de cette redistribution, note France Stratégie.

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Le volume des prélèvements obligatoires est ainsi nettement plus élevé en France, puisqu'il représente 37% du revenu primaire des ménages, contre 34% pour la moyenne européenne. France Stratégie estime donc que la France a « des marges de progrès » pour améliorer l'efficacité de la redistribution, en augmentant ce ciblage. Cela pourrait permettre soit de réduire les volumes transférés sans accroître les inégalités, soit de réduire davantage les inégalités sans accroître les masses transférées.