La réforme des aides au logement (APL), qui entrera en vigueur début 2021 après plusieurs années de report, rapportera deux fois moins qu'initialement prévu à l'Etat, à cause des conséquences économiques de la crise du virus, a expliqué vendredi le gouvernement.

« Un nombre important de ménages verront leurs aides augmenter », a annoncé la ministre du Logement Emmanuelle Wargon lors d'une conférence sur cette réforme qui prévoit le versement en temps réel des APL. Prévue depuis plus de deux ans, soit quasiment le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, la réforme doit adapter le montant des aides au logement en fonction des revenus actuels du bénéficiaire et non plus de ceux engrangés deux ans plus tôt.

Elle entrera finalement en vigueur le 1er janvier 2021, après de nombreux contretemps, d'abord à cause des difficultés techniques à la mettre en place, puis du déclenchement de la crise sanitaire au printemps et du strict confinement décrété à l'époque. Résultat, cette réforme rapportera beaucoup moins à l'Etat que ce qu'il prévoyait à l'origine. En effet, le versement en temps réel devait réduire le montant global des APL, dans l'idée que les revenus moyens augmentent et suivent la croissance économique.

« Entre 500 et 700 millions d'euros »

Mais depuis, la crise du virus a plombé l'économie, avec une chute de plus de 10% du PIB prévue pour cette année, et de nombreux Français ont sûrement vu leurs revenus baisser. La réforme devait permettre d'économiser 1,2 milliard d'euros d'argent public. « Dans le budget actuel, le chiffre est entre 500 et 700 millions d'euros », a admis Emmanuelle Wargon.

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La ministre a toutefois prévenu que cette estimation était encore très incertaine car il est particulièrement difficile de calculer précisément le nombre de foyers qui verront leur aide augmenter. Assumant les moindres économies pour l'Etat, Emmanuelle Wargon a estimé qu'elles démontraient le caractère « particulièrement opportun » de la réforme en période de crise.