Les ménages, comme les entreprises, ont fortement augmenté leurs dépôts bancaires en mars, en raison de l'impact économique des mesures de confinement liées à la pandémie du coronavirus, selon une étude publiée mercredi par la Banque de France.

Dans le cas des ménages et entrepreneurs individuels, ceci s'explique par une forte réduction de leurs dépenses en raison du confinement alors que les mesures de soutien comme le chômage partiel leur ont permis de maintenir l'essentiel de leurs revenus. Leurs dépôts bancaires se sont ainsi élevés à 19,6 milliards d'euros sur le mois de mars, pour une moyenne mensuelle entre janvier 2017 et février 2020 de 5,9 milliards.

Cela s'accompagne d'une forte chute des crédits qui affichent eux un solde négatif de 400 millions d'euros, se décomposant entre un solde positif de 1 milliard d'euros pour les crédits liés à l'habitat et négatif de 1,4 milliard pour les crédits à la consommation. La baisse pour les crédits habitation est toutefois forte puisque leur moyenne mensuelle de janvier 2017 à février 2020 s'élève à 5,6 milliards d'euros.

34,2 milliards d'euros empruntés par les entreprises

Du côté des entreprises non financières, le phénomène est le même avec une très forte hausse des dépôts bancaires sur le mois de mars à 40,6 milliards d'euros pour une moyenne mensuelle sur les trois années précédentes de 3,4 milliards. Cela s'accompagne toutefois d'une forte hausse des crédits qui ont eux aussi bondi à 34,2 milliards. Cette situation s'explique, selon les analystes de la BdF, par le fait que les entreprises ont sollicité des crédits de trésorerie de précaution dans le cadre des mesures d'urgence mises en place comme le prêt garanti par l'Etat (PGE). « 

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Cette envolée conjointe des crédits et des dépôts des sociétés non financières peut s'expliquer par le mécanisme selon lequel les crédits font les dépôts », souligne la Banque de France. Pour sécuriser leur trésorerie, les entreprises « ont largement emprunté en début de période, et la hausse de leurs dépôts représente dans une large mesure le décalage temporel entre la réception des fonds empruntés, et leurs prévisions de décaissements à venir ». Mais les remboursements de prêts sont aussi très faibles, « ce qui laisse entendre que les entreprises et les banques se sont entendues sur des reports d'échéance », ont souligné les auteurs de cette étude mensuelle lors d'un point de presse téléphonique.