Il est « trop tôt » pour évoquer l'impact fiscal de la crise du Covid-19, a estimé mercredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, en réponse à un début de polémique sur la suppression de l'ISF et un appel au don lancé par le ministre des Comptes publics.

« Il y aura un temps pour le débat fiscal » mais « il est trop tôt pour le poser », a affirmé Bruno Le Maire dans un entretien au média Brut. Il répondait à une question sur l'éventualité de remettre en place l'Impôt sur la fortune (ISF) pour financer la lutte contre la crise sanitaire et économique.

L'ISF a été supprimé en 2018 et remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), une mesure qui a suscité de vives critiques, certains dénonçant un cadeau fait aux plus riches.

Le débat a été relancé après l'appel aux dons lancé par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin aux particuliers et aux entreprises. « Je lance un grand appel à la solidarité nationale. Beaucoup de particuliers ou d'entreprises nous demandent comment participer et nous aider. Tous ceux qui le souhaitent pourront le faire prochainement, via une plateforme de dons que nous allons mettre en ligne », a déclaré le ministre lundi soir dans un entretien au Figaro.

Il a été immédiatement critiqué par des élus de l'opposition. « Rétablissez l'ISF d'abord », a par exemple répondu sur twitter le député La France insoumise du Nord Adrien Quatennens, tandis que le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts Julien Bayou s'est insurgé : « Trop c'est trop. La solidarité nationale c'est l'impôt ».

Professionnels : les offres en ligne les moins chères pour limiter vos frais bancaires

« Il y aura un temps pour le débat fiscal. Mais (...) nous ne sommes pas venus au temps où il faut regarder la fiscalité, qui va payer. Aujourd'hui, ce qui compte c'est que l'Etat fasse bloc pour soutenir nos entrepreneurs. Nous verrons ensuite quels sont les ajustements que nous devons faire en matière de finances publiques », a affirmé Bruno Le Maire.