Même sil est désormais un héritier à part entière, les droits successoraux du conjoint qui survit à lautre ne suffisent pas toujours à le mettre à labri. Priorité lui est donc donnée par la loi afin quil ne puisse pas être chassé du domicile familial par des héritiers peu scrupuleux ou sous influence.
Le droit au maintien dans les lieux sapplique sous forme de deux droits successifs : un droit temporaire dabord, suivi dun droit dhabitation à vie.
Un droit temporaire pour un an
Afin quà la douleur du deuil ne vienne sajouter langoisse de la question immobilière, le conjoint survivant est assuré de conserver la jouissance gratuite de sa résidence principale et du mobilier qui sy trouve pendant lannée suivant son veuvage. Ce droit lui est accordé quel que soit son régime matrimonial et quelle que soit lidentité des autres héritiers, y compris si le logement est un bien propre du conjoint décédé.
L'usage gratuit du logement constitue un effet direct du mariage
Quand il sagit dun logement loué, la succession lui remboursera les loyers au fur et à mesure de leur paiement pendant un an. Le montant de ces loyers est fiscalement déductible de lactif successoral.
Cet usage gratuit du logement constitue un effet direct du mariage et non un droit successoral. Il est dordre public, le conjoint ne peut jamais en être privé. La valeur de ce droit ne simpute pas sur la part dhéritage du conjoint. La fiscalité na pas son mot à dire : le droit temporaire au logement nest pas pris en compte dans le patrimoine soumis à lISF, ni aux droits de succession dont le conjoint est de toute façon, totalement exonéré.
Un an de répit pour les pacsés, malheur aux concubins
Le droit dhabitation à vie ne sapplique pas au couple pacsé. Dans ce cas, le partenaire survivant bénéficie seulement du droit de demeurer gratuitement dans le logement pendant une année, dans les mêmes conditions que le conjoint survivant. Il peut cependant en être privé par testament.
Quant au concubin non lié par un pacs, non titulaire du bail, mais vivant en couple depuis au moins un an, il peut demander à son profit, avec une quasi-certitude de l'obtenir, le transfert du bail du logement locatif. Si le logement appartenait tout ou partie au concubin décédé, il devra racheter la part ou la totalité du logement aux héritiers, si ces derniers l'acceptent. Par ailleurs, « en cas de transmission par testament, les droits de succession à hauteur de 60% des biens transmis seront dus par le concubin », précise Me Caroline Gaucher, notaire associée de létude Monassier.
Un droit dhabitation pour la vie
Passé le délai dun an après le décès, le conjoint survivant a sur le logement, quil soit propriété du couple ou du seul conjoint décédé, un droit dhabitation et un droit dusage sur le mobilier qui le garnit durant le reste de sa vie. Mais, rappelle Me Caroline Gaucher, « contrairement au droit temporaire, le droit viager est un droit de nature successorale : il ne profite quau conjoint ayant accepté la succession. Par ailleurs, ce droit ne sajoute pas à la quotepart du conjoint mais est compris dedans ».
Un droit de nature successorale
La valeur de ce droit dhabitation vient donc en déduction de la part dhéritage du conjoint. Si cette part successorale est inférieure à la valeur de ce droit dhabitation, le conjoint conserve le logement à vie, sans avoir à indemniser les autres héritiers. Dans le cas contraire, il conserve lusage du logement et reçoit un complément de part. Il peut aussi le louer pour financer une autre habitation mieux adaptée à ses besoins ou pour entrer dans une maison de retraite.
Ce droit peut toutefois, être retiré par testament souscrit par le conjoint décédé en présence de deux notaires. A noter que le conjoint ayant opté pour le droit dhabitation nest pas redevable de la taxe foncière. Elle est due par les héritiers.
Un an pour manifester sa volonté
Le conjoint dispose dun an à partir du décès pour manifester sa volonté de bénéficier du droit dhabitation à vie. Cette manifestation de volonté prend la forme dune lettre recommandée avec avis de réception adressée à chacun des héritiers. Attention : même si les héritiers sont vos enfants avec lesquels vous entretenez une bonne entente, il faut quand même leur envoyer cette lettre recommandée.



















