Après la politique, l'heure de l'économie a sonné : la Bourse de Paris devrait, comme ses voisines européennes, revenir aux fondamentaux lors d'une semaine riche en rendez-vous, les principales incertitudes semblant levées sur la présidentielle française.

Même si le second tour n'est pas joué, l'avance dans les sondages du pro-européen Emmanuel Macron face à la candidate anti Union européenne Marine Le Pen devrait continuer de rassurer les marchés ces prochains jours. « Il y a de fortes chances d'avoir un candidat libéral qui mettra en place une politique très européenne. C'est un scénario favorable pour les marchés », explique ainsi à l'AFP Xavier Chapon, directeur de la gestion chez AAIS.

« Avec l'élection probable d'Emmanuel Macron, les nuages politiques sont écartés et nous revenons sur les fondamentaux économiques. Or, lorsque l'on regarde les indicateurs avancés de l'Union européenne, on note une accélération », abonde auprès de l'AFP Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

Les chiffres de l'emploi américain attendus

Les statistiques vont donc reprendre leurs droits à l'occasion d'une semaine à l'agenda fourni, avec au premier plan les chiffres de l'emploi américain vendredi. « C'est un chiffre très important, donnant des indications sur la consommation américaine, qui représente 70% du PIB aux Etats-Unis », souligne Frédéric Rollin.

Avant ce chiffre, d'autres indicateurs pourraient animer les marchés, notamment l'indice ISM d'activité outre-Atlantique. Des indicateurs scrutés par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui livrera mercredi le verdict de sa réunion de politique monétaire de deux jours. « C'est une réunion dont on n'attend pas énormément de choses », nuance néanmoins Frédéric Rollin. Même si le marché sera « attentif à des indications sur la façon dont la Fed pourrait resserrer sa politique monétaire », poursuit-il.

Enfin, les publications de sociétés devraient encore occuper l'agenda la semaine prochaine, qui sera raccourcie sur l'ensemble des marchés par la fête du 1er mai lundi. Plusieurs poids lourds de la cote vont ainsi dévoiler leurs comptes, dont les géants pétroliers BP et Royal Dutch Shell, le groupe de supermarchés Sainsbury's et la banque HSBC à Londres. En Allemagne, les mastodontes Siemens, BMW ou Volkswagen feront aussi connaître leurs performances de début d'année. Ces publications viendront s'ajouter à une série de résultats de bonne facture la semaine écoulée, « qui reflètent l'amélioration des fondamentaux économiques », relève Frédéric Rollin.

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Soulagement des marchés

Même si les résultats d'entreprises ont été nombreux, c'est néanmoins bien la politique qui a donné le « la » au marché. Au lendemain du premier tour, le soulagement s'est quasiment transformé en euphorie. « La première journée a été significative avec des marchés actions qui ont monté de plus de 4% », relève ainsi Xavier Chapon. L'indice CAC 40 a ainsi retrouvé des niveaux qu'il n'avait plus connus depuis janvier 2008, tandis qu'à Francfort l'indice vedette Dax a inscrit de nouveaux records.

Dans ces conditions, la réforme fiscale annoncée par le président américain Donald Trump a peu pesé, d'autant plus que le projet - un plan d'une seule page - a laissé les investisseurs sur leur faim. Car si l'administration Trump a proposé une baisse historique des impôts, notamment pour les entreprises, cette réforme présentée comme « auto-financée » devra encore passer l'obstacle du Congrès. « Il y a toujours des incertitudes sur la capacité de M. Trump à permettre à la croissance américaine de franchir un vrai cap », résume ainsi Xavier Chapon. « Cette réforme fiscale va être difficile à mettre en place dans l'ampleur voulue initialement par le président, et elle va prendre du temps », estime aussi Frédéric Rollin.

Enfin, le statu quo décidé par la Banque centrale européenne jeudi, l'autre grand rendez-vous de la semaine, n'a pas été de nature à perturber les investisseurs. Comme attendu, l'institution a en effet décidé de poursuivre le cours de sa politique monétaire très interventionniste, sans changer ses taux directeurs. Finalement, cette semaine entamée sur les chapeaux de roue s'est achevée de façon relativement sereine, un calme qui pourrait perdurer. A condition que les sondages ne viennent pas jouer les trouble-fêtes.